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Développement La Fnab va à la rencontre des consommateurs

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La Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) a présenté sa troisième campagne nationale « Bio et local, c’est l’idéal » à Paris, le 17 septembre. Dans seize régions, les producteurs ouvriront les portes de leurs fermes aux consommateurs à partir du 23 septembre.

«Il faut redonner confiance au consommateur », a déclaré Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique), lors d’une conférence à Paris, le 17 septembre. « Bio et local, c’est l’idéal » commencera le 23 septembre. Le rendez-vous est l’occasion de faire mieux connaître la vente directe bio et les circuits courts aux consommateurs. De fait, les scandales alimentaires successifs attisent peu à peu la méfiance des ménages dans les rayons des supermarchés. « Face à la crise, seuls les produits issus de l’agriculture biologique tirent leur épingle du jeu », assure Gwenaël Floch, maraîcher bio membre du groupement Brin d’Herbe. Le seul pays où le nombre de consommateurs bio a diminué est la Grande-Bretagne. « La distribution y est très concentrée. Aux débuts de la crise en 2008, les enseignes ont retiré des linéaires les produits biologiques », poursuit le maraîcher. De fait, la consommation s’est repliée.
Au contraire, d’après les données de l’Agence bio (agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique), l’agriculture biologique gagne du terrain dans l’hexagone: +85% de surfaces bio sur la période 2007-2012 et +104% en nombre d’exploitations sur la même période. Historiquement, l’agriculture biologique connaît son deuxième pic de développement. « Le premier pic au milieu des années 1990 était lié à la crise de confiance des consommateurs après la crise de la vache folle », analyse Gwenaël Floch. Au début des années 2000, les choix politiques (aides à la conversion, Contrat Territoire Etat) ont soutenu l’augmentation du nombre de conversions/installations à l’agriculture biologique. « Mais à partir de 2002, il y avait trop de lait bio. Les industriels ne pouvaient plus transformer la production », se rappelle-t-il. Pendant près de dix ans, le nombre de producteurs s’est alors stabilisé. C’est avec la crise de 2008 que l’agriculture biologique entre dans une nouvelle phase de développement.
 
Défis à relever
Malgré tout, la Fnab rappelle qu’une des limites de ce développement sont les débouchés. La demande des consommateurs existe, mais les filières bio doivent fournir, au-delà de la qualité, de la diversité en termes de production. En outre, il ne s’agit pas seulement de convaincre les consommateurs qui sont déjà au rendez-vous, mais aussi les agriculteurs. Les réticences les plus fréquentes des agriculteurs conventionnels concernant la conversion en agriculture biologique sont connues. « Ils ont peur des mauvaises herbes, des maladies pour leurs animaux…, constate Stéphanie Pageot, nous devons communiquer et expliquer qu’il existe des outils performants pour le désherbage mécanique, que l’homéopathie fonctionne, … ». Autre levier à activer : l’enseignement. « Les jeunes ont des idées préconçues sur l’agriculture biologique. On essaie de changer cela », soutient la présidente de la Fnab.

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