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Salon vivre autrement La Fnab veut davantage de recherche sur l’agriculture biologique

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Pour avoir 20% de surface en agriculture biologique, il faut allouer à ce mode de production au moins la même proportion de crédits de la recherche agricole, estime la Fnab. Lors d’une conférence le 19 mars, la fédération rappelait l’importance de soutenir la recherche sur le bio, appuyant son raisonnement sur des recherches qui montrent l’intérêt du bio face au défi alimentaire et en comparaison au conventionnel.

«On ne peut pas avoir pour objectif de convertir 20% des surfaces à l’agriculture biologique avec une recherche misérable sur ce sujet », a soutenu Dominique Marion, président de la Fnab, la Fédération nationale d’agriculture biologique, lors d’une conférence à Paris dans le cadre du salon Vivre autrement, le 19 mars.

La recherche sur le bio à la peine
L’Itab, Institut technique de l’agriculture biologique, notamment, est enfin reconnu, mais pas qualifié, et « toujours menacé » par des volontés de fusions avec d’autres instituts techniques, explique la Fnab. L’Inra a également trop peu investi ce sujet, estime l’organisme, qui juge que trop peu de chercheurs de l’institut sont impliqués dans ce domaine. Variétés, pratiques, impacts économiques et environnementaux… : la recherche est aujourd’hui insuffisante sur le bio, alors qu’elle est nécessaire à son développement, soutient la fédération. La Fnab entend porter ce message auprès des candidats à la présidentielle, en plus des 20 mesures qu’elle leur a déjà adressées.
La Fnab aimerait notamment réorienter au moins 20% des crédits de l’Inra – voire plus, pour « rattraper le retard » en la matière –, parce que « les agriculteurs bio initient la transition de l’agriculture » et que ces enseignements peuvent « irriguer l’ensemble de l’agriculture ».

La bio américaine en exemple
Pour la Fnab, les études qui concluent aux intérêts de la bio tant sur la production que sur l’environnement et l’économie de l’exploitation sont trop peu développées en France. Jeff Moyer, directeur de la ferme du Rodale Institute aux Etats-Unis, présentait les résultats d’une étude menée par cet institut, qui vise, depuis 30 ans, à comparer des systèmes conventionnel, biologique avec productions animales ou biologique végétal. Objectif : appuyer sur des réalités scientifiques la promotion de la bio auprès des politiques. Ses conclusions sont claires : les systèmes bio, présentent des rendements similaires, voire supérieurs lors des années de sécheresse, au conventionnel, réduisent de 45% le recours aux énergies, et présentent des rentabilité nettement supérieures, tout en améliorant la qualité des sols.
De tels écarts de rendements au profit de l’agriculture bio ne sont sans doute pas transposables en France, reconnaît Jacques Caplat, ingénieur agronome et auteur du livre L’agriculture biologique pour nourrir l’Humanité qui doit sortir à la fin du mois de mars. Il insiste sur une distinction : « Il faut éviter les confusions sur les termes. La productivité, c’est la production par travailleurs. Mais l’intensivité, c’est la production par hectare. Or de ce point de vue, le système de culture le plus intensif n’est pas l’agriculture conventionnelle, mais celui des cultures associées. » Parmi les solutions qu’il identifie pour augmenter la production agricole via l’agriculture biologique figurent donc les cultures associées, qui combinent simultanément, plusieurs cultures entre elles, mais aussi les cultures non monoclonales, c’est-à-dire mélangeant les variétés d’une même culture, ou encore les systèmes tels que l’agroforesterie.
Et de conclure : « La bio est une démarche agricole et non un système tout fait. Elle ne se définit pas par une absence de pesticides. Elle relie l’écosystème naturel, l’agro-écosystème agricole et les communautés humaines. La bio travaille sur ces trois piliers. Elle est capable de valoriser les savoirs paysans associés à la technique de pointe. »

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