Le 29 novembre, la Fnab a demandé une labellisation bio nationale complémentaire au label européen. D’autres acteurs de l’agriculture bio estiment que cette demande arrive trop tôt.
Suite à la validation du texte de compromis portant révision du règlement bio européen, la Fnab demande une labellisation nationale complémentaire. La Fnab estime que le texte européen « ne va pas au bout de la réflexion », selon un communiqué le 29 novembre. Ce label français viendrait s’ajouter au label UE, mais ne le remettrait pas en question. « Nous pourrions intégrer les points manquants du règlement UE : contrôle annuel systématique, limitation de la taille des élevages de poules pondeuses… », illustre Fiona Marty, chargée des affaires européennes.
Demande trop précoce
Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab, affirme que « l’objectif est de tirer l’ensemble de la filière bio vers le haut ». L’organisation vise à une « coconstruction » du label avec les autres acteurs bio français. Étienne Gangneron, référent bio des chambres d’agriculture, temporise même s’il considère que les lignes rouges fixées par les filières bio françaises sur plusieurs points du règlement UE ont été franchies (1). Car la priorité de l’APCA, pour l’heure, porte sur le vote en plénière du règlement européen en 2018. Au Synabio, on rappelle que le règlement UE doit entrer en vigueur en 2021. « Nous avons trois ans. Il faut prendre le temps », explique Charles Pernin, délégué général du Synabio.
Quelle faisabilité ?
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Outre le calendrier, les acteurs bio s’interrogent sur la faisabilité d’un tel projet. Dans son communiqué, la Fnab affirme avoir rencontré le ministère de l’Agriculture sur le sujet. « Juridiquement, il semble que rien n’empêche le ministère de réactiver un cahier des charges mieux-disant ». Mais Étienne Gangneron ajoute : « Dans l’hypothèse d’un vote au Parlement de lUE, un label national requiert une expertise juridique ou encore l’aval du ministère de l’Agriculture. Ce n’est pas un label privé. ».
(1) Lire dans Agra presse du 24 novembre 2017 l’article « Règlement bio : le ministère se félicite, bilan mitigé des professionnels »
« L’objectif est de tirer l’ensemble de la filière bio vers le haut », selon Stéphanie Pageot