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Viande bovine La FNB demande un rééquilibrage des revenus entre éleveurs et céréaliers

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Les éleveurs de ruminants veulent un rééquilibrage de leur revenu par rapport à ceux des céréaliers. 300 euros supplémentaire par hectare, c’est un minimum selon la Fédération nationale bovine (FNB), qui tiendra son assemblée générale à Clermont-Ferrand les 13 et 14 février. Autres demandes dans le cadre du bilan de santé de la Pac : le maintien de la PMTVA et le développement des mécanismes de compensation face aux crises.

Quelque 300 euros par hectare. C’est le montant que demande la Fédération nationale bovine (FNB) pour rééquilibrer les revenus des éleveurs de ruminants par rapport à ceux des céréaliers. Cette revendication souhaitée dans le cadre du bilan de santé de la Pac, sera un des sujets majeurs de la prochaine assemblée générale de la fédération les 13 et 14 février à Clermont-Ferrand. « Notre revenu a baissé de 23 % en 2007 alors que dans le même temps celui des producteurs de grandes cultures a augmenté de 98 % », a souligné le 31 janvier Pierre Chevalier, président de la FNB. « Le contexte mondial est très tendu. Il y a un grand danger à voir disparaître les productions animales au profit des végétales », a-t-il renchéri.

Gestion des risques économiques

« L’Union européenne doit maintenir son indépendance et son autosuffisance alimentaire », a martelé le président de la FNB, en rappelant que les prévisions récentes de l’Institut de l’élevage tablent sur un accroissement du déficit de viande bovine Voir Agra Presse hebdo n°3135 du 7 janvier 2008. « La situation va s’exacerber en 2008 lorsque les facteurs de hausse des prix des grandes cultures et l’impact sur l’alimentation animale joueront à plein. Compte tenu des effets essentiels de l’élevage herbivore en terme environnementaux et de territoire, une réorientation des soutiens de la Pac est indispensable », souligne la FNB. Selon Denis Sibille, secrétaire général de la FNB, deux scénarios sont possibles pour obtenir, dans le cadre du premier pilier de la Pac, le rééquilibrage de 300 euros/ha. « Cette aide spécifique peut être instaurée par l’utilisation de l’article 69 de la Pac, autorisant un transfert de soutiens au sein du premier pilier. Mais l’article 69 ne pourra pas répondre à toutes les demandes, à la fois des producteurs d’ovins, des producteurs de fruits et légumes… », explique-t-il. « Il faut réfléchir plutôt à un système de gestion des risques économiques à part entière. On pourrait imaginer une partie flottante du 1 er pilier qui serait versée aux agriculteurs suivant la conjoncture économique des secteurs » , poursuit-il.

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Des vaccins contre la FCO

Quant aux chances d’aboutir à une telle mesure au niveau européen, Pierre Chevalier s’estime confiant. « Nous sommes en total accord avec nos amis espagnols, italiens et irlandais notamment », souligne-t-il. Mais les céréaliers français seront-ils favorables à cette proposition des éleveurs de ruminants ? « Le vice-président de la FNSEA, Xavier Beulin (ndlr : qui sera présent à Clermont-Ferrand le 14 février pour un débat) reste ouvert sur le sujet », se félicite Pierre Chevalier. Autre souhait de la FNB dans le cadre du bilan de santé de la Pac : la création « d’une mesure spécifique de soutien, ciblée sur l’herbe, complémentaire des DPU historiques à l’exploitation ». Le maintien du recouplage de la Prime à la vache allaitante (PMTVA) au niveau de 250 euros par tête sur l’ensemble du territoire reste également une demande forte des éleveurs de bovins. « Cette mesure est essentielle pour la pérennité de la production et la dynamique de la filière, ainsi que pour un équilibre de l’activité économique sur les territoires », souligne la FNB. La fédération souhaite également le développement des mécanismes de compensation et de régulation face aux aléas et aux crises. « Nous en avons marre des systèmes moyens qui ne règlent rien. Nous l’avons bien vu sur la gestion de la fièvre catarrhale », lance Denis Sibille. Les éleveurs espèrent d’ailleurs que Michel Barnier, attendu pour la clôture de l’assemblée générale, viendra avec « des bonnes nouvelles sur la fièvre catarrhale » : la mise en place possible du vaccin au printemps. Et surtout que « les éleveurs puissent vacciner eux-mêmes les bovins. Nous ne souhaitons pas que cela soit les vétérinaires. Ce serait trop long et trop cher », souligne Denis Sibille.