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Elevage bovin La FNB réclame un rééquilibrage des aides au profit de l’herbe

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Le recouplage de la PMTVA proposée dans le bilan de santé, « c’est bien, mais ce n’est pas suffisant », s’est exprimée en substance la Fédération nationale bovine concernant le texte de la Commission europénne. « Un rééquilibrage des aides en faveur de l’herbe est toujours indispensable, de l’ordre de 300 euros par hectare », maintient Pierre Chevalier.

«Le bilan de santé de la Pac ne prend pas réellement en compte la sécurité alimentaire européenne », a regretté le 21 mai Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB). « La déstabilisation de la production (ndlr : bovine) liée à la forte hausse du prix des grandes cultures, à l’explosion des charges et au désordre de la FCO, ne trouve pas de réponse encore adaptée dans le projet proposé, ni dans ses modalités ni dans son calendrier, quant au besoin de rééquilibrage des revenus de l’élevage », a-t-il renchéri. « Certes, il y a un point positif sur la possibilité de garder couplée la PMTVA », reconnaît-il, mais un rééquilibrage des aides en faveur de l’herbe « est toujours indispensable, de l’ordre de 300 euros par hectare ». « Cette idée doit aujourd’hui faire son chemin », a-t-il assuré. La FNB souhaite que la présidence française de l’Union européenne soit l’occasion de mettre en place « une Pac adaptée aux enjeux alimentaires actuels » . « Aujourd’hui, nous y voyons clair dans les positions de la Commission européenne, mais pas du tout dans les positions françaises », a déclaré de son côté Jean-Pierre Fleury, vice-président de la FNB.

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Inquiétudes sur l’OMC

Parallèlement à la mise en place du bilan de santé de la Pac, se poursuivent les négociations à l’OMC. « La tournure devient catastrophique. Peter Mandelson (ndlr : le commissaire européen au commerce) reste complètement sur ses positions pour arriver à tout prix à un accord avant le 30 juin », déplore Pierre Chevalier. « Si nous abaissons les droits de douane avec un taux de 66 à 73 %, comme cela est proposé, l’Union européenne va faire entrer 2,5 millions de tonnes de viande, soit 30 % de notre consommation ! Dans cette préfiguration, l’Europe va perdre totalement son indépendance alimentaire. C’est très grave », a-t-il prévenu. Pour sensibiliser davantage l’opinion et les pouvoirs publics français sur leurs problématiques et leurs positions, les éleveurs de bovins ont entamé une réflexion pour mettre en place « un groupe de l’élevage » à l’Assemblée nationale. Objectif : faire connaître les problématiques et positions des éleveurs pour qu’ils servent de relais notamment auprès du gouvernement. Cette action de lobbying doit déborder jusqu’au Parlement européen, avec l’appui des Espagnols, des Italiens, des Irlandais, des Belges et « même récemment des Anglais », s’est félicité Pierre Chevalier.