A la veille de l’assemblée générale de la FNCL, le président Gérard Budin affûtait ses arguments en faveur d’une restructuration du secteur laitier dont les alliances coopératives seraient le fer de lance.
Les coopératives laitières continuent de se vouloir force de propositions pour la filière laitière. Le président de leur fédération nationale, Gérard Budin (Sodiaal) renouvelle l’exercice ce 13 avril en réunissant l’assemblée annuelle de la FNCL à Paris.
L’événement se situe moins de trois mois après l’adoption d’un accord sur le prix du lait qui, au contraire du précédent, « n’est pas un simple replâtrage» puisqu’il a rendu à l’activité « beurre-poudre son rôle de régulateur des marchés ». Encore faut-il, comme nous l’a confié le président Budin à la veille de cette assemblée, que cet accord ne se voie pas « contrecarré demain par des vents contraires à l’OMC». Notamment une suppression des restitutions avant l’échéance 2013 ou un classement du beurre comme « produit sensible » conduisant à gonfler à l’excès le contingent européen d’importations sans droit de douane.
Mais c’est surtout en direction des producteurs coopérateurs et des dirigeants de coopératives que Gérard Budin entend délivrer un message plus appuyé, s’il est possible, que l’an dernier : il veut tirer très fort la sonnette d’alarme à l’attention de ceux qui n’auraient pas encore reconnu ce fait que « le monde a changé, que les coopératives après avoir vécu longtemps à l’abri des mécanismes de la PAC, ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes pour faire face aux réalités du marché ».
Vaincre les réticences régionales
Il n’est pas inutile pour cela de regarder comment font nos voisins, les exemples abondent dans le nord de l’Europe, d’où cette idée de faire témoigner devant la FNCL un dirigeant du groupe coopératif néerlandais Campina Melkunie.
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« La compétitivité c’est la clé de la pérennité de nos entreprises, martèle Gérard Budin. Or, nos coopératives sont trop petites pour en dégager assez. Elles doivent nouer des alliances, conclure des accords entre elles et procéder ainsi à des restructurations y compris avec des entités extérieures à la Coopération ». Sans doute, beaucoup de réflexions vont dans ce sens, beaucoup de travaux sont en cours, mais le dirigeant coopératif s’impatiente : « il est temps d’agir, de vaincre les réticences régionales ». D’ailleurs, le président Budin « espère bien donner l’exemple bientôt dans sa propre entreprise », laissant ainsi entendre que Sodiaal est à la veille de conclure une importante opération.
Comme quoi ce qui a été réalisé dans le beurre avec Beuralia, et dans l’emmental avec l’alliance Unicopa/Entremont l’an dernier ne suffit pas et, malgré l’armistice entre 3A et Sodiaal, il reste beaucoup à faire dans le lait de consommation. Pas plus que ne suffira le projet coopératif fromager qui mobilise dans le Grand Ouest à la fois Celia et les coopératives Eurial et Terrena. En espérant que le contre-projet de Lactalis ne viendra pas en travers, alors que des aides des pouvoirs publics vont être sollicitées dans les deux cas. Faut-il pour catalyser les projets envisager la création d’un « Unigrains du lait » ? La question, évoquée ces jours-ci par les producteurs au congrès de la FNPL, doit être reprise à huis clos par les délégués de la FNCL qui entendront le directeur général de Sofiprotéol souligner l’intérêt d’un outil comparable dans la filière oléagineux.
Pour Gérard Budin, « la formule eut été plus facile à mettre en route il y a deux ans, mais, s’il y a consensus, elle permettrait de donner les coups de pouce nécessaires ».