Abonné

Coopération laitière La FNCL met en chantier la contractualisation

- - 4 min

La dernière assemblée générale de la Fédération des coopératives laitières s’est placée délibérément dans le contexte de l’après-quotas pour lancer la réflexion sur d’autres outils de régulation. Notamment la contractualisation et le renforcement de l’interprofession.

La contractualisation est devenue le maître-mot dans la filière laitière : il est revenu en tout cas à maintes reprises dans la bouche des intervenants à l’assemblée générale de la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) le 17 avril à Paris. Le président Gérard Budin, à l’issue de travaux dont le thème « production et marchés laitiers : quelle organisation agricole demain ? », l’a citée comme l’une des « solutions novatrices » que la Coopération doit promouvoir, aux côtés de systèmes de gestion des risques et des crises ou de fonds d’investissement professionnels, au fur et à mesure que l’échéance de la fin des quotas en 2015 va se rapprocher. « L’agriculture ne peut être jetée dans le marché mondial sans règles, sans code de bonne conduite, sans outils de régulation (stocks et leviers sur les volumes produits), sans politique agricole et alimentaire », a-t-il lancé pour inciter nos négociateurs à l’OMC à « la plus grande prudence » et en se référant à la proposition de concertation mondiale faite par le MOMA à partir de son modèle économique récemment mis au point Cf Agra alimentation n° 2016 du 17.04.08 page Une.

Un groupe de travail opérationnel

La formule même de la coopérative est à relancer car force est de « constater qu’en France depuis 20 ans la coopération laitière a perdu du terrain et n’a pas la place qu’elle a dans d’autres grand pays laitiers ». Or, c’est elle qui est à même de « mettre en œuvre des changements et des alliances » a indiqué Gérard Budin. Le second outil à développer pour faire face à la nouvelle donne des marchés, c’est la contractualisation. Souvent cité mais jamais mis à plat puisque nous vivons depuis 25 ans sous un régime de quotas, ce système stabilisateur sera au centre d’un groupe de travail ad hoc que la FNCL va réunir très prochainement pour étudier une mise en œuvre concrète en entreprise dans la perspective de l’après-quota. Le modèle coopératif sera ainsi « un véritable laboratoire de la contractualisation », selon le président Budin pour qui « dans ce système du contrat, il ne faut pas déconnecter la notion de prix et celle du volume ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

Régionalisation des quotas

En attendant, une bonne préparation à la contractualisation suppose de choisir les mesures les plus adaptées en matière de gestion des quotas d’ici 2015 et pour cela d’obtenir de la Commission toute la latitude nécessaire. La FNCL a convaincu les autorités françaises de la nécessité de régionaliser les quotas pour « préserver la répartition de la production et de la transformation sur l’ensemble du territoire ». L’augmentation actuelle des quotas en est l’occasion : il s’agit de donner aux zones intermédiaires la possibilité de fluidifier leurs volumes en interne et d’optimiser leur redistribution afin que ces zones expriment tout leur potentiel de production. La FNCL prône aussi un dispositif souple permettant une forme de mutualisation afin que les zones dynamiques disposent de volumes supplémentaires.

Mieux suivre l’offre et les besoins

Le troisième levier que la FNCL entend développer est l’interprofession. Elle propose notamment que le CNIEL puisse être élargi à un approfondissement de l’observatoire économique : avec des indicateurs économiques passés et prospectifs, mis à jour régulièrement, avec des informations permettant d’identifier les besoins potentiels des entreprises en volume par rapport aux demandes des marchés ou de connaître les potentialités de l’offre dans chaque bassin de production.