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Coopération/Lait La FNCL veut faire valoir sa spécificité dans le cadre de la contractualisation

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La Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) a présenté le 18 avril une charte destinée à mieux faire fonctionner les relations entre les éleveurs et les coopératives. Il faut sans doute y voir une volonté de la coopération de faire valoir sa spécificité dans le cadre de la contractualisation laitière. Selon nos informations, le ministère de l’Agriculture veut pour sa part s’assurer que les coopératives créent bien les bases d’une relation équitable avec les producteurs, grâce notamment à une visibilité sur les volumes et les prix. Les pratiques coopératives avaient notamment été épinglées dans un rapport du CGAAER (Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux) publié en juillet dernier.

Les coopératives laitières doivent formaliser les engagements liés à la contractualisation sur un mode parallèle à celui mis en place pour les entreprises de droit commun, en respectant notamment les obligations de transparence et de prévision demandées par la réglementation. » C’est une des recommandations du rapport de juillet 2012 du CGAAER sur la contractualisation laitière. Le message est passé auprès de la coopération laitière qui a conçu une charte destinée à rétablir le bon fonctionnement du pacte coopératif. Elle a été présentée de manière très officielle par le président de la fédération, Dominique Chargé, à l’occasion de l’assemblée générale de la FNCL le 18 avril à Paris. Le ministre délégué à l’agroalimentaire s’en est fait remettre un exemplaire.

Une charte pour améliorer les relations entre les producteurs et leur coopérative

« La charte s’engage à appliquer ce qui est normalement prévu par les statuts », affirme Dominique Chargé, président de la FNCL, qui reconnaît que, depuis 30 ans, « on s’est éloigné de cet objectif dans un contexte de prix et volumes régulés ». S’il admet des « dysfonctionnements », il a une nouvelle fois déclaré que « le système coopératif contient en son sein tout ce qu’il faut pour qu’il fonctionne bien ». Cela n’a pas empêché Guillaume Garot de rappeler qu’il faut « travailler à l’amélioration de la contractualisation ». La charte sera proposée à toutes les coopératives laitières et la FNCL propose au ministre de faire le bilan dans un an.

Bilan des pratiques dans un an ?

Cette charte prévoit de donner une meilleure explication des défis qui s’imposent à la coopérative et une approche « claire et détaillée de la rémunération globale de l’associé coopérateur : prix d’acompte, compléments de prix, rémunération du capital social et ristourne doivent être clairement indiqués ». Les résultats de la coopérative doivent également être présentés avec plus de transparence « tout en restant dans la confidentialité vis-à-vis de la concurrence ». En troisième lieu, les coopératives mettront en place une commission de travail interne sur la gestion des volumes post-quota. Des lignes directrices propres à la coopératives devront être présentées « en respect de la règle de l’apport total et de l’équité », en lien avec les apports des associés au regard des marchés laitiers et des capacités industrielles de la coop. L’utilisation du capital social, investissement financier de long terme, doit être mieux expliquée tandis que des règles claires doivent être fixées pour la transmission du capital entre le cédant, le repreneur et la coopérative. Enfin, une information claire doit être donnée en particulier en ce qui concerne la stratégie de la coopérative.
Reste à savoir comment les coopératives laitières s’engageront dans cette démarche volontaire, et si cela suffira à satisfaire les exigences du gouvernement et des producteurs en matière de contractualisation.

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