Deux mois avant leur 87e congrès, les entrepreneurs de la FNEDT (travaux agricoles et forestiers) interpellent le gouvernement sur des mesures liées à la baisse du coût du travail et à la fiscalité. Ils demandent aussi une prise en compte de leurs activités dans le budget de la PAC.
« Nos entreprises n’avaient pas besoin de ça ». Bien qu’ils n’appellent pas à porter le gilet jaune, les entrepreneurs de la FNEDT ont regretté, le 4 décembre lors de leur conférence de presse, la hausse de 30 % du prix du gasoil non routier depuis un an, une dépense qui représente « près de 14 % » de leurs charges, et qu’ils « ne peuvent pas totalement répercuter sur leurs prix ».
Cette augmentation devrait donc peser lourdement sur leurs trésoreries pendant quelques années, le temps de recevoir le remboursement de la Taxe intérieure de consommation (TIC) sur le GNR en 2018, 2019 et 2020, et d’attendre que le taux de TICPE du gasoil agricole soit abaissé à 7,48 euros les 100 litres en 2021. Des victoires pour l’organisation, qui « n’empêcheront pas un impact de hausse ».
Ce surcoût s’ajoute au non-rétablissement de l’exonération de charge pour les entreprises de prestation (TODE), contrairement à ce qui est prévu, pour deux ans, pour les employeurs agricoles. Selon l’organisation, cette situation aboutit à « un écart de 2 euros de l’heure » entre les employeurs agricoles et les entreprises de prestation.
La FNEDT se félicite toutefois de la suppression du CICE (6 points de diminution) et de l’élargissement de l’assiette des cotisations patronales sur les allégements généraux bas salaire, avec une augmentation du taux maximum d’exonération de 6,01 % pour les cotisations de retraite complémentaire et de 4,05 points pour l’assurance chômage.
Une plus grande « reconnaissance » dans le budget de la Pac
Autre point important de revendication de la FNEDT : une plus « grande reconnaissance » dans le budget de la Pac post 2020. « Jusqu’à présent, les entrepreneurs se tenaient à l’écart du débat sur la Pac car c’était une affaire d’aides directes aux exploitants agricoles », précise Patrick Durand, directeur de la FNEDT.
Mais pour ces négociations, les entrepreneurs agricoles veulent peser davantage. Ils demandent notamment une « reconnaissance des prestations de services contractualisées dans les aides à la modernisation » et « une majoration des aides aux investissements innovants, des ETA ayant des prestations de services contractualisées avec des agriculteurs apportant un changement de pratiques. »
Les ETA appellent, par ailleurs à ce que les agriculteurs « déléguant certains de leurs travaux » ne soit pas « pénalisés » dans les attributions des aides Pac. En effet, la Commission souhaite mettre un plafond pour les grandes exploitations, tout en le relevant si les exploitations embauchent plus. « Mais emploi en exploitation ou en ETA, c’est le même combat », regrette la FNEDT.
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« Emploi en exploitation ou en ETA, c’est le même combat »
Un congrès consacré aux « solutions aux agriculteurs »
Le 87e congrès « Entrepreneurs des Territoires », organisé par la FNEDT, aura lieu du 31 janvier au 2 février 2019 à Deauville. Il sera axé sur « les solutions apportées par les entreprises de travaux agriculteurs à travers le thème : nouvelles technologies, nouveaux services, nouveaux conseils ». Deux tables rondes seront organisées autour de « l’agriculture de précision » et du « rôle des entreprises de travaux agricoles avec l’agriculteur ». Un « village RSE » réunissant start-up, constructeurs et sociétés de service sera installé pour « mettre en avant des solutions agroécologiques ». Le président des Régions de France Hervé Morin sera présent.