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Porc La FNP appelle à la solidarité dans la filière

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Le cours du porc remonte peu à peu mais son niveau actuel ne permet pas encore aux éleveurs de couvrir leurs coûts de production. La baisse importante du cheptel européen aurait dû faire bondir les prix, mais la crise financière mondiale a ralenti cette hausse. La Fédération nationale porcine demande donc à toute la filière de se serrer les coudes pour éviter la disparition des élevages les plus fragiles.

Alors que les dépôts de bilan d’élevages de porcs se multiplient, la FNP (Fédération nationale porcine) appelle à plus de solidarité dans la filière. « Il est vital que les enlèvements soient faits dans des délais prévus dans les accords internes car tout retard d’abattage serait catastrophique, estime l’association spécialisée de la FNSEA, il faut absolument éviter de créer du stock sur pied ». Le syndicat souhaite « la poursuite de la hausse des cours amorcée il y a quelques semaines », qui doit impérativement être réparties chez tous les acteurs de la filière.

Une production en baisse mais des prix qui ne décollent pas

Le cours du kg de carcasse de porc sur le Marché du porc breton (MPB) s’est en effet relevé de 2,14% sur les deux premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2008. Seulement, « les conséquences de la crise financière ont certainement pesé sur le cours », analysent les experts du MPB dans une note de conjoncture du mois de février. Pour la direction du cadran de Plérin, « au vu de la réduction de production constatée dans de nombreux pays, l’impact de la décapitalisation aurait propulsé le cours du porc à un niveau supérieur à celui de l’an passé de 15 à 30% sans cet événement de portée mondiale ».

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Les principaux pays producteurs d’Europe enregistrent des abattages en baisse de 3,5% en moyenne sur les deux premiers mois, avec des situations très contrastées. Au Danemark et aux Pays-Bas, la chute atteint respectivement 13,8% et 8,7% alors qu’en Allemagne les abattages sont en hausse de 2,5%. La France connaît une situation intermédiaire : dans le Grand-Ouest l’activité est en baisse de 1,23%.

La filière française doit se serrer les coudes

Avec un cours à 1,16€/kg de carcasse, le prix à la production est encore loin de son niveau de rentabilité estimé à 1,5€/kg environ. La FNP plaide donc pour que la distribution « ait une politique de prix attractive et cohérente pour valoriser au mieux notre production (sans promotions abusives et avec des prix de fond de rayon en adéquation avec les prix de vente des animaux) ». Le syndicat demande à ce que les distributeurs s’approvisionnent en « viande porcine française » et dénonce l’absence de mesures prises par les pouvoirs publics qui demeurent silencieux face aux situations dramatiques.