Les éleveurs de porcs en ont assez de voir leurs prix payés au-dessous des autres places européennes. Jean-Michel Serres demande que les salaisonniers fassent passer des hausses de cours à la grande distribution, seule issue possible à la crise que traversent depuis plusieurs mois les éleveurs de porcs.
«Il n’est pas normal que la France soit durablement décalée par rapport aux cours des autres pays européens. Les salaisonniers doivent répercuter les hausses à la grande distribution », a demandé le 27 mai, Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). Depuis quelques semaines, les cours allemands et belges notamment ont sensiblement progressé, alors que le marché du porc breton (MPB) n’augmente que très faiblement. Le 29 mai, il parvenait cependant à atteindre 1,305 euro/kg. Selon la FNP, depuis fin avril, il y a un décalage de 15 à 20 centimes d’euros/kg entre la France et l’Allemagne et la Belgique. « En 2007, un producteur qui a vendu en Belgique au groupe Vion a perçu en moyenne 8 centimes de plus par kilo que s’il avait vendu en France », souligne Jean-Michel Serres. « Les entreprises d’abattage et de découpe disent ne pas pouvoir répercuter les hausses aux salaisonniers. Elles doivent être plus offensives », affirme-t-il.
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Des manifestations contre les salaisonniers
« Aujourd’hui, les éleveurs de porcs ont toujours un manque à gagner de 25 centimes d’euros/kg entre le prix qui leur est payé et leur coût de revient », souligne Jean-Michel Serres. Depuis septembre 2007, l’augmentation mondiale du prix des céréales pénalise la filière dans laquelle l’alimentation représente 65% du coût de revient. Selon le président de la FNP, le retour à la rentabilité des élevages et la sortie de crise ne pourront avoir lieu que si « le prix au cadran remonte ou si les coûts de production diminuent ». Mais la baisse des prix des aliments composés ne pourrait intervenir qu’au 2 e semestre 2008. Quant aux cours du MPB, ils ne peuvent augmenter que de 6 centimes d’euros par kilo au maximum par semaine selon les statuts. Autant dire que les semaines vont encore être nombreuses avant que le cours atteigne 1,60 euro, le minimum pour ne plus perdre de l’argent. Face aux problèmes qu’ils rencontrent, les éleveurs de porcs ont décidé de durcir le ton. Après avoir organisé des actions syndicales il y a quelques jours devant un hypermarché Leclerc dans les Côtes d’Armor, ils manifestaient à nouveau le 28 mai dans le Massif Central (voir encadré), devant la société Madrange à Limoges. Le 2 mai, des éleveurs devraient se rendre devant l’usine Jean Caby de Saint André lez Lille (Nord).