La grille de classement des porcs 56 TMP devrait être « ajustée » prochainement, a promis la Fédération nationale porcine (FNP) le 5 avril lors de son assemblée générale. La FNP a par ailleurs alerté les congressistes sur le problème de renouvellement de générations que connaît actuellement la profession.
«Des ajustements sont en cours concernant la grille de classement », a annoncé le 5 avril Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), lors de l’assemblée générale du syndicat à Rennes. Depuis sa mise en place en novembre 2006, la grille de classement des porcs (56 TMP) au marché de Plérin a déclenché de nombreuses critiques chez les producteurs. Certains d’entre eux n’avaient pas hésité à accuser leurs représentants d’avoir mal négocié avec les abattoirs et engendré des baisses de prix à la production.
Renouvellement des générations
« Il y a un groupe qui s’agite encore. Il faut leur rappeler que les élections aux chambres d’agriculture sont terminées », a ironisé Jean-Michel Serres, reconnaissant cependant que « la grille n’est actuellement pas adaptée aux productions spécifiques » Voir Agra Presse Hebdo n° 3087 du 15 janvier 2007 et n°3089 du 29 janvier 2007. Les « ajustements » devraient porter notamment sur un élargissement du cœur de gamme et sur une baisse des pénalités concernant le prix des porcs sortant de ce cœur de gamme. « Nous avons demandé aux abattoirs ce qu’ils souhaitaient comme porcs pour que l’on adapte la grille ensemble, mais il n’y a pas beaucoup de réponses », a regretté le président de la FNP. De son côté, Paul Auffray, secrétaire général, a alerté les congressistes sur « les problèmes de renouvellement des générations » que connaît actuellement la production porcine. « Nous sommes face à la fois à un vieillissement des producteurs de porcs et des bâtiments d’élevage », a-t-il souligné, en présentant le rapport d’orientation 2007, intitulé Pacte pour un développement durable de la production porcine. « Il est indispensable d’aller au devant des jeunes, en allant dans les écoles, en multipliant les initiatives de communication et en rééquilibrant l’enseignement professionnel », a-t-il appelé.
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« Restructurer les outils coopératifs »
« Il faut créer de la valeur ajoutée et des richesses, nécessaires au développement de la production porcine aujourd’hui », a par ailleurs indiqué Paul Auffray, faisant référence au rapport d’orientation. « Nous ne sommes pas contre les démarches environnementales, mais à exigences égales, les autres pays européens traitent les dossiers plus rapidement », a déclaré le secrétaire général de la FNP, en pointant « les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne ». « Il faut restructurer nos outils coopératifs si nous voulons être forts face à la grande distribution et compétitifs au niveau européen », a-t-il ajouté. « Nous sommes en train de reculer sur la place européenne en production porcine », s’est alarmé de son côté le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, présent à l’assemblée générale. « Cela est très choquant, après tous les efforts d’adaptation que la filière a réalisés ces dernières années », a-t-il souligné. Selon Jean-Michel Serres, le solde commercial porcin français en 2006 a été divisé par deux par rapport à 2005. Période électorale oblige, les représentants de la production porcine n’ont pas formulé de revendications au ministre de l’Agriculture, absent, conformément à son devoir de réserve actuel.