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« Les outils d’abattage sont en surcapacité, car il n’y a pas suffisamment de volume pour les occuper et il pourrait y avoir une affaire Doux dans la filière porcine », a mis en garde Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), lors d’une conférence de presse qui se tenait à Paris le 5 septembre. Cette absence de volume ne permet pas d’amortir les charges et surtout de réaliser de nouveaux investissements pour gagner en compétitivité. Selon lui, la restructuration des outils d’abattage est inévitable et doit se faire rapidement, sinon « elle se fera dans le sang et les larmes ». Cette situation inquiète les éleveurs. Actuellement, ils sont payés à cinq jours par les industriels après livraison mais ils ne pourraient pas supporter un allongement de ces délais de paiement. Ils en appellent à toutes les parties prenantes pour se réunir autour de la table et analyser la situation. Il convient en effet d’avoir une réflexion tout au long de la filière pour éviter une baisse durable de la production porcine, comme celle qui s’annonce pour 2013.
Réactualiser les prix plus souvent
La conjoncture actuelle est plutôt bien orientée pour les cours qui sont passés de 250 euros la tonne à 300 euros cette année, notamment poussés par les exportations vers l’Asie. « Cependant personne ne peut dire ce qu’ils seront dans trois ou six mois », explique Jean-Michel Serres. L’autre facteur d’incertitude concerne l’envolée du prix de l’alimentation, un poste qui absorbe 2,7 milliards d’euros par an pour les éleveurs, somme qui ne peut être consacrée à la modernisation des élevages et donc à gagner en compétitivité. « Le retard dans les investissements se chiffre à 3 milliards, soit une année », selon le dirigeant de la FNP. L’accord signé le 3 mai 2011 « n’est guère enthousiasmant car il a été signé à un moment où les prix de l’aliment étaient élevés, ce qui fait que les clignotants ne s’allumeront sans doute pas avant la fin de l’année». Il faut en revanche expliquer aux consommateurs et aux pouvoirs publics qu’il faut répercuter cette hausse de l’aliment « et le faire plus souvent, sans attendre les négociations annuelles avec la grande distribution ». Le problème porte moins sur la viande fraîche, qui représente 25% de la carcasse, que sur la charcuterie et les produits élaborés. Mais dans les deux cas, il souhaite que les consommateurs acceptent des hausses et jouent le jeu de favoriser le label VPF (viande porcine française) et que les enseignes en fassent réellement la promotion. Jean-Michel Serres attend également des avancées de la part du gouvernement concernant le coût du travail et des charges sociales qui pénalisent les entreprises d’aval au profit des concurrents allemands ou hollandais qui approvisionnent de plus en plus le hard discount.
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