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Lait La FNPL prône une organisation collective et économique des producteurs

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Dans la perspective de la fin des quotas, la FNPL (producteurs de lait) a défendu, le 21 septembre, « une organisation collective et économique des producteurs » (Ocep). « La massification de l’offre est un élément stratégique du rééquilibrage du rapport de force entre producteurs et transformateurs », a réaffirmé Henri Brichart, président de la FNPL. Concernant le lien avec le syndicalisme, le syndicat FNPL « n’a pas vocation à se substituer à la responsabilité des Ocep dans la négociation des contrats ». « Nous, à la FNPL, on ne veut pas d’organisations de producteurs syndicales, affirme Henri Brichart. Le débat a eu lieu en interne. La question a été tranchée. »

Alors que les premières consultations débutent au ministère de l’Agriculture sur le futur décret mettant en musique l’organisation collective des producteurs telle que la LMA (loi de modernisation de l’agriculture) la prévoit, la FNPL défend « une organisation collective et économique des producteurs » (Ocep). « La massification de l’offre est un élément stratégique du rééquilibrage du rapport de force entre producteurs et transformateurs », a réaffirmé Henri Brichart, président de la FNPL, le 21 septembre. Concernant le lien avec le syndicalisme, le syndicat FNPL « n’a pas vocation à se substituer à la responsabilité des Ocep dans la négociation des contrats ». « Nous, à la FNPL, on ne veut pas d’organisations de producteurs syndicales », affirme Henri Brichart. Le syndicat fait l’analogie avec les accords de branche et la pratique des accords d’entreprise. La FNPL va négocier et signer des accords interprofessionnels, « y compris des indicateurs de prix, des grilles régionales (qualité, saisonnalité…), ce qui peut s’apparenter à un accord de branche ». Le rôle des Ocep est de négocier la plus-value pour chaque entreprise, souligne la FNPL.

Rapprochement interentreprise
L’objectif recherché est de permettre aux éleveurs de peser face aux industriels laitiers dans la perspective de la contractualisation instaurée par la loi. « Si on laisse faire, la production sera le maillon faible de la filière », prévient le responsable syndical. Le sujet est extrêmement complexe car « à de rares exceptions, les organisations actuelles, n’ont pas cette dimension économique » et ont de multiples statuts. « On trouve de tout ». L’enjeu est de « rapprocher les organisations qui existent déjà, d’abord par entreprise (…) puis interentreprises au niveau d’un bassin de production cohérent », argumente la FNPL. Pour ce faire, il est nécessaire que la Commission européenne entérine un assouplissement des règles de la concurrence. On l’aura compris, l’organisation des producteurs de lait est un chantier important qui demandera du temps. « Il faut prendre le bon tempo », assure Henri Brichart. Un tempo qui n’est pas celui du politique. Bruno Le Maire souhaite que la filière laitière donne l’exemple… dès 2011. « Il y a un risque à aller trop vite (…), prévient le président de la FNPL. Si le système à venir est moins sécurisant pour les producteurs que le système actuel et si la jurisprudence est moins favorable, la FNPL n’ira pas sur ce genre de contrat ». Le ministre est prévenu.

Négocier et facturer
Pour le syndicat, l’élément de base de l’organisation collective est « le mandat de négociation ». La FNPL défend également « la reprise en mains de la facturation par les producteurs comme un élément fort de rééquilibrage des relations ». Quant à la délicate question du transfert de propriété, « juridiquement, il n’est pas plus engageant que le mandat de facturation et de négociation ». Mais « le transfert de propriété est la forme la plus aboutie d’Ocep car au-delà de la capacité de négocier, il donne également la capacité à agir », précise le syndicat. Par rapport à la coopération, le syndicat n’est pas favorable « à la généralisation d’OP (organisations de producteurs) en amont des coopératives ». Toutefois « si les producteurs livrant à des coopératives sont contraints à ce type d’actions, c’est un constat d’échec et le reflet de dysfonctionnement dont la responsabilité incombe à la coopérative elle-même », précise la FNPL. En résumé : chacun doit balayer devant sa porte.

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