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Syndicalisme La FNSEA entrouvre la porte des interprofessions aux syndicats minoritaires

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Le 24 février, la FNSEA devait annoncer sa décision d’accepter l’entrée de syndicats représentatifs mais minoritaires au sein des interprofessions. Une décision – prise par le conseil de la FNSEA le 23 février – qui suit de près la position du Conseil constitutionnel qui a considéré les interprofessions comme des organismes privés financés par des cotisations privées. La porte n’est ouverte aux syndicats minoritaires que sous certaines conditions. En première ligne pour connaître ce changement, le Cniel, ou Conseil national interprofessionnel de l’économie laitière.

Une vraie révolution : le changement de fonctionnement des interprofessions qui a suscité tant de débats, fait couler tant d’encre a finalement été accepté par le syndicalisme majoritaire qu’est la FNSEA. Lors de son conseil d’administration du 23 février, celle-ci a accepté le principe de l’ouverture des interprofessions aux organisations minoritaires mais représentatives. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui avait souvent confié vouloir aller dans ce sens, avait lui-même renoncé à prendre une mesure contraignante. La décision de la FNSEA est sous condition, cependant. L’idée est d’abord que les interprofessions décident de constituer, en leur sein, un collège de producteurs. L’hypothèse avait été avancée lors de la préparation de la dernière loi d’orientation. À charge ensuite pour les interprofessions de définir de nouvelles formes de gouvernance (quelle majorité au sein de ce collège, par exemple). A ce moment, la structure accepterait l’entrée d’organisations minoritaires jugées représentatives au sein de la filière concernée.

Les associations spécialisées seules concernées

Pas question d’accepter, dans son ensemble, la Confédération paysanne ou la Coordination rurale. C’est une association spécialisée qui serait accueillie, dit-on à la FNSEA en faisant remarquer que ce n’est pas la fédération de la rue de la Baume qui siège dans les interprofessions mais ses organisations spécialisées. Ainsi, les hypothèses les plus probables pourraient voir l’OPG (Organisation des producteurs de grains) siéger au sein d’Intercéréales ou l’OPL (Organisation des producteurs de lait) siéger au Cniel. Ces deux syndicats sont des branches de la Coordination rurale. En revanche, la Confédération paysanne ne dispose pas de branche spécialisée. Il s’agit même d’un principe historique pour le syndicat, persuadé que l’agriculture doit être représentée par des syndicats généralistes et non par secteurs économiques. « Si un tel dispositif se mettait en place, il faudrait mettre en place un système d’évaluation de la représentativité des associations spécialisées », affirme Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. Du coup, l’avancée de la FNSEA, si elle est maintenue en l’état, obligera la Confédération soit à refuser d’entrer dans les interprofessions, soit à évoluer et créer des associations spécialisées.

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