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Inondations et grêle La FNSEA estime à 500 M€ les dégâts des intempéries sur l’agriculture

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La FNSEA estime à environ 500 millions d’euros les dégâts sur l’agriculture provoqués depuis deux mois par les inondations et par la grêle, a expliqué son président, Xavier Beulin, le 20 juin. Les professionnels font leurs comptes, régions par régions, pour préciser les chiffres, et proposer des solutions d’indemnisation.

«Il faudra affiner les chiffres, mais on estime aujourd’hui que les dégâts pourraient s’élever à plus de 500 millions d’euros », a déclaré Xavier Beulin, à propos des intempéries qui sévissent depuis environ deux mois : inondations début mai, grêle, orages et inondations à la mi-juin.
Faute d’évaluation précise région par région, ce calcul est pour l’instant réalisé de façon «forfaitaire» : les surfaces inondées ou grêlées concernent environ 330 000 hectares ; or, la valeur moyenne de la production d’hectare en France est de 1 500 euros. D’où la somme de 500 millions.

Seulement 30% des surfaces céréalières sont assurés 

« Seulement 30% des surfaces céréalières sont assurés », selon Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA. Or, les céréales n’entrent plus dans le champ du fonds de calamités. Une grande partie des surfaces céréalières touchées sont des hectares sur lesquels les maïs n’ont pas pu être semés. Il s’agit de superficies situées principalement dans les départements des Landes, Pyrénées Atlantiques, Gers, a-t-il souligné.
S’agissant de l’arboriculture, l’excès d’eau a fait perdre 50% de la récolte de cerises dans le Tarn-et-Garonne et près de 20% des pêches-nectarines et prunes de ce département, a signalé par ailleurs Yvon Sarraute, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de fruits. Les vergers de pommes ont été en grande partie sauvés, 80% des surfaces étant protégées par des filets para-grêle.
Plus au Nord (Ile de France, Champagne-Ardenne, Bourgogne), les orages ont dévasté surtout les jeunes plantations de choux, céleri, radis, navets de plein champ, a témoigné pour sa part Jacques Rouchaussé, président des producteurs de Légumes de France.
Les cultures viticoles, jusque-là épargnées par les inondations, car généralement situées en hauteur, ont en revanche souffert dernièrement de la grêle, n’étant pas équipées de filets comme les cultures arboricoles. Dès le 17 juin, les viticulteurs de l’appellation Vouvray, en Touraine, ont annoncé que les deux tiers des parcelles avaient été ravagées en moins de quinze minutes par les grêlons. Dans les jours qui ont suivi, les vignobles du Sud-Ouest ont essuyé des orages à répétition. D’après Maurin Bérenger, président du syndicat de défense de l’AOC Cahors, 200 à 250 hectares ont été touchés, sur lesquels les vignerons auraient perdu 80 à 100% de leur récolte. Pour une vingtaine de domaines, selon Maurin Bérenger, « la récolte 2013 est morte et celle de 2014 très compromise ».

La baisse de la contribution de l’État à l’assurance agricole

Pour l’évaluation des dégâts, dans chaque département des comités départementaux d’expertise examineront la situation, en liaison avec les organisations professionnelles agricoles, a résumé Joël Limouzin le 20 juin.
Après l’évaluation viendra l’heure des comptes. Joël Limouzin n’a pas caché que le faible taux d’assurance des céréaliers (30%) est « une vraie difficulté ». Une autre difficulté est la fonte de la contribution de l’État aux subventions pour les assurances agricoles. Cette contribution est passée de 133 millions d’euros il y a trois ans à 100 en 2012 et à 77 millions cette année, a dénoncé Joël Limouzin, le président de la filière viticole de FranceAgriMer Jérôme Despey, souhaite la mobilisation du Fonds national des calamités agricoles (géré par le ministère de l’Agriculture), non seulement pour la récolte de l’année mais aussi pour celle de l’an prochain.

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