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Action La FNSEA mobilise les éleveurs

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Le syndicat majoritaire et les Jeunes agriculteurs ont lancé un appel pour une mobilisation nationale de soutien à l’élevage le 12 avril. La FNSEA espère ainsi faire plier la grande distribution mais aussi lancer un message fort à l’approche de la réforme de la LME. Pour la centrale agricole, l’élevage français doit s’assurer des revenus élevés, et ne plus compter sur les aides de la Pac pour corriger les décalages de revenus entre les productions animales et végétales.

La quasi-totalité des départements français devaient être mobilisés ce 12 avril pour déposer un cahier de doléances aux préfectures, avait prévenu le 10 avril, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. Parmi les actions annoncées, il était prévu qu’une majorité se tienne devant les préfectures ou sous-préfectures, avec des initiatives telles que des « empaillages », des reconstitutions de fermes ou des « lâchage de chariots de grande surface ». Le syndicat avait aussi annoncé « cibler » des grandes surfaces. Partout, les manifestants avaient à charge de déposer un cahier de doléances, avec, comme principale revendication, une revalorisation des prix par les transformateurs et les distributeurs.

Pour que le lait intègre les accords du 3 mai

À travers ce mouvement, la FNSEA continue ainsi à défendre l’idée d’une répercussion des coûts de production de l’élevage laitier sur les prix à la consommation. « L’urgence, c’est le prix du lait », a insisté le 10 avril, Xavier Beulin, devant la presse. Et le syndicat veut aller encore plus loin. « Si, à court terme, nous souhaitons voir une hausse du prix de 2 à 3 centimes par litre, notre volonté à long terme est de construire un indicateur qui reflète les variations des coûts de l’amont et de l’aval, comme il en existe pour la viande bovine, le porc et la volaille. Ainsi, le lait pourrait intégrer les accords du 3 mai 2011 », a-t-il indiqué. Cette réforme sera indispensable si la France veut conserver son élevage, selon Dominique Barrau. « On a des signaux inquiétants qui nous montrent qu’on a atteint les limites du métier-passion. La limite, c’est le manque de revenu », a-t-il souligné. « Nous avons perdu près de 80 000 bovins en deux ans. La reprise de confiance des éleveurs en leur métier ne passera que par le juste prix de vente de leurs produits », a plaidé le secrétaire général de la FNSEA.

D’autres éleveurs en berne

Si les producteurs de lait sont sous les feux des projecteurs, les autres éleveurs souffrent aussi. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 10 ans (de 2000 à 2010), la France a par exemple perdu un million de porcs, et donc des centaines d’éleveurs. En 2012, les éleveurs de viande bovine ont gagné en moyenne 15 400 euros, les producteurs de lait 26 500 euros, les éleveurs de moutons et de chèvres 15 300 euros, contre plus de 72 000 euros pour les céréaliers. Pour les aider à redresser la barre, la FNSEA demande aussi une simplification des normes environnementales et une Politique agricole commune qui « redonne des perspectives à l’élevage ». Mais Xavier Beulin d’insister : « Je refuse l’idée qu’avec la Pac on va régler le problème de mixité des revenus entre agriculteurs, je dis que c’est un leurre. La Pac, elle doit accompagner. On répond quoi au producteur de volaille et de porc qui n’a pas accès au budget de la Pac ? “Toi, tu ne nous intéresses pas” ? »

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