La FNSEA demande à la gendarmerie et à la justice de prendre en compte le changement de nature des vols sur les exploitations, qui sont aujourd'hui très organisés, et mobilisera ses réseaux pour mieux protéger les exploitants. Manuel Valls a assuré prendre en compte ce phénomène.
LA nature des vols sur les exploitations agricoles a changé, ont expliqué Xavier Beulin et Dominique Barrau, président et secrétaire général de la FNSEA, au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui les a reçus jeudi 13 février.
« Nous n'avons plus à faire à des vols individuels, mais à des actes qui nécessitent la présence de plusieurs personnes et d'un réseau de distribution », constate Dominique Barrau. « Un climat d'insécurité est en train de se créer, avec un stress chez le producteur au delà du préjudice matériel », prévient-il.
Vols de tracteurs, de rangées complètes de légumes ou de plusieurs dizaines d'animaux en une nuit, les délits ont augmenté de près de 60 % entre 2007 et 2012, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Pour 2013, ce chiffre aurait encore grimpé de 6,7%, a affirmé Manuel Valls à la FNSEA.
Changement de nature des volsLe ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll ont annoncé le lancement d'un « plan d'action pour lutter contre les vols dans les exploitations agricoles », dans un communiqué publié après la rencontre.
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Manuel Valls a également dit vouloir organiser un déplacement conjoint avec Stéphane Le Foll sur une exploitation concernée pour communiquer sur ce phénomène. Une bonne initiative, selon Dominique Barrau : « On a besoin de mettre en avant ce nouveau mode opératoire et que la justice le prenne en compte », explique-t-il. Il demande que les services de police, de gendarmerie et de justice aillent au bout des investigations. « On ne veut surtout pas en arriver à ce que les agriculteurs veuillent se défendre eux-mêmes », prévient Dominique Barrau.
Les échanges entre les forces de sécurité et le monde agricole seront renforcés, explique le ministère : un référent sera désigné au sein des groupements de gendarmerie dans chaque département pour offrir un accès privilégié aux exploitants agricoles, et une plateforme d'échanges sera mise en place sur Internet, pour partager les constats, donner des conseils ou rendre compte des bonnes pratiques. Par ailleurs, Manuel Valls leur a assuré la coopération des polices européennes. « Le ministre partage le sentiment qu'on a affaire à des réseaux organisés et nous a confirmé que le réseau des polices européennes, jusqu'alors surtout mobilisé contre la grande criminalité, allait être mobilisé pour des échanges d'informations et aider à retrouver le matériel », se réjouit Xavier Beulin.
Mieux protéger les exploitationsDominique Barreau explique que la FNSEA réfléchît également à faire changer les mentalités pour faire face à ces nouveaux risques. « Il faut regarder comment on peut sécuriser et protéger les exploitations les plus à risque », explique-t-il, prenant exemple sur le secteur du BTP, qui a changé son mode de fonctionnement face aux vols d'engins.
LE ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est prêt à discuter avec les agriculteurs des difficultés d'entretien des cours d'eau même si, selon lui, elles ne peuvent expliquer à elles seules les inondations à répétition dans certaines régions comme le Var. « Je suis prêt à discuter avec les agriculteurs de l'entretien des cours d'eau mais pour régler les inondations à répétition, ça ne se limite pas à cela », a-t-il expliqué depuis le Var où il s'est rendu sur une exploitation horticole sinistrée, vendredi 7 février. Il répondait ainsi à la FNSEA qui appelait les agriculteurs à se mobiliser vendredi 14 février dans toute la France en nettoyant les fossés. Elle veut ainsi dénoncer les « aberrations » de la politique de l'eau qui conduisent, selon elle, aux inondations catastrophiques. « Les agriculteurs sont exaspérés de ne pas pouvoir réaliser cet entretien qui pourrait éviter de nombreux dégâts », explique la FNSEA. « Des débats sur le sujet sont prévus lors des États généraux de l'agriculture » le 21 février, leur a répondu Stéphane Le Foll. « Mais on ne peut pas considérer que l'entretien des cours d'eau est le seul responsable des inondations. Nous avons besoin de cohérence à l'échelle des bassins d'eau », a-t-il plaidé, citant en exemple le cas varois.