Le centre de gravité de la fonction qualité au sein de l’industrie agroalimentaire évolue rapidement. Le directeur qualité du salaisonnier breton SBS a décrit lors d’un récent colloque organisé par l’Adria, association de soutien technique aux IAA, comment SBS a diffusé la notion de qualité dans le fonctionnement de l’entreprise.
Le management de la qualité dans le groupe breton SBS, fabricant de salaisons à marques de distributeurs et propriété de Smithfield France, filiale du géant américain du porc Smithfield, s’inscrit dans une stratégie globale visant à « sécuriser les produits pour pérenniser l’entreprise», a expliqué le directeur qualité, Arnaud Fontaine, lors du rendez-vous annuel des managers qualité en IAA. Pour y parvenir, l’industriel a introduit dans ses trois usines (1 400 salariés, plus de 60 000 tonnes de salaisons), dont la principale se situe à Lampaul-Guimiliau dans le Finistère, une méthode baptisée des « cinq S » – les premières lettres de cinq mots japonais qui signifient en français et dans l’ordre : débarrasser, ranger, tenir propre, standardiser, impliquer. Ces actions qui relèvent du bon sens sous-tendent, dans des sites de plusieurs centaines de salariés répartis en différents ateliers, une rigueur et une responsabilisation de tous à chaque instant. Car la qualité ne devient pérenne que lorsque le personnel se l’approprie.
Un plan de progrès continu
« Nous avons mis en place des chantiers pilote sur les lignes de fabrication, il y a un an environ », explique Arnaud Fontaine. But de ces groupes autonomes : favoriser l’expression d’idées, de suggestions. « Il y a eu un gros de travail d’explication et de formation au départ», à chaque niveau de la hiérarchie. En effet, une part importante du succès d’une telle organisation revient « à la mise en place de relais entre les idées de terrain et le management », souligne le responsable.
En une année de fonctionnement, SBS a validé plusieurs propositions des salariés, comme l’installation des pupitres de rangement améliorés, portants d’outils plus fonctionnels… Chaque semaine, les groupes continuent de se réunir une quinzaine de minutes car il s’agit là d’un plan de progrès continu. « La moitié de l’entreprise a été réorganisée et nous élargissons progressivement les modifications à l’ensemble». Dans un second temps, Arnaud Fontaine envisage de confronter entre eux les groupes d’un même site, puis de sites différents.
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La qualité au quotidien
Mais la méthode des cinq S n’est qu’un moyen, un indicateur pour améliorer une autre grille de lecture, appelée « cinq M » pour main-d’œuvre, matériel, méthode, matière et milieu. Les cinq M permettent, selon Arnaud Fontaine, « de regarder la tenue d’un atelier : les couteaux sont-ils rangés, les calottes sont-elles sur la tête, les chariots sont-ils propres ? » Et ainsi d’aller vers le zéro défaut, d’éviter l’oubli d’un corps étranger dans une barquette, un incident industriel qui place l’entreprise dans une gestion de crise, ce qui n’est jamais bon pour les affaires !
Tous ces outils de gestion de la qualité au quotidien tendent à améliorer le taux de satisfaction du client, et intrinsèquement sa fidélité. Cette relation est primordiale lorsqu’on se prétend, comme SBS, un partenaire des distributeurs en sa qualité de fournisseur de produits sous MDD. Un tel travail sur l’amélioration de la qualité constitue aussi la réponse des industriels pour respecter les nouveaux référentiels que les distributeurs imposent à leurs fournisseurs. Ils ont pour nom BRC (British Retel Consortium) en Angleterre ou IFS (International Food Standard) en France et en Allemagne – les adhérents de la FCD l’imposeront progressivement à leurs partenaires industriels. « L’IFS (version 4 NDLR) agglomère la procédure HACCP d’analyse des risques et des référentiels internes ». La sécurité des aliments dépend désormais de la maîtrise de tous ces paramètres.