Avec son modèle d’abonnement qui a déjà séduit 21 000 clients, la Fourche promet des prix inférieurs aux produits bio vendus sur les drive de Carrefour et E. Leclerc. Le site veut emménager dans un entrepôt plus grand pour accompagner son développement.
Payer un abonnement à 69,90 euros par an pour pouvoir bénéficier de prix attractifs : ce modèle, marque de fabrique d’un Costco aux antipodes de la consommation bio, la Fourche l’expérimente depuis un peu plus de deux ans en ne proposant que des produits d’épicerie et d’hygiène biologiques, en vrac ou de marques spécialisées. « Nous avons lancé la Fourche à l’été 2018, de façon artisanale, et l’offre a séduit puisque 21 000 clients se sont abonnés et commandent régulièrement chez nous », explique Lucas Lefebvre, directeur marketing et co-fondateur de la Fourche. Le modèle d’abonnement, qui assure des revenus réguliers et une trésorerie au site, encourage aussi les clients à commander davantage. « Le panier moyen atteint 92 euros et l’abonnement est amorti à la deuxième commande sur le site », affirme Lucas Lefebvre.
Pour attirer les clients, qui sont environ 2 000 à souscrire chaque mois, la Fourche promet des économies aux gros consommateurs de bio que sont les familles visées par l’offre. « Notre dernière étude sur un panier de 50 produits du quotidien montre que notre offre est 18 % moins cher comparé à un panier similaire de produits MDD bio acheté sur les drive de Carrefour ou E. Leclerc », assure Lucas Lefebvre. Sa démarche correspond à la conviction qu’il faut démocratiser les produits biologiques qui, s’ils sont réservés à une minorité, ne feront pas changer les modes de production agricoles ou industrielles.
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Pour autant, la Fourche insiste sur son engagement auprès des producteurs en limitant les importations de pays lointains, en privilégiant les produits issus du commerce équitable et en mettant l’accent sur le vrac. Selon son dirigeant, 10 à 15 % des ventes sont issues de l’offre en vrac qui représente 50 références sur les 2 800 présentes sur le site. La Fourche emploie 60 salariés actuellement, dont la moitié pour la préparation des commandes dans son entrepôt de Seine-Saint-Denis. Une partie de l’effectif s’inscrit dans un parcours de réinsertion en partenariat avec Emmaüs Défi, et le site a recours à un Esat pour la mise en sachets de produits en vrac.
La Fourche, qui ne communique pas les montants en jeu ou l’identité des partenaires, a financé son développement depuis son lancement grâce aux fonds propres des fondateurs et des business angels. Le site a eu aussi recours à de l’endettement. Cette année, le chiffre d’affaires devrait atteindre entre 12 et 15 millions d’euros, après 3 millions d’euros en 2019. Selon les projections actuelles des dirigeants de la Fourche, le site devrait réaliser un chiffre d’affaires de 30 à 40 millions d’euros à fin 2021 et atteindre son équilibre financier à ce moment-là. Pour accompagner son décollage, la Fourche va devoir emménager dans un entrepôt de 8 000 m2 (contre 2 500 m2 actuellement). La recherche est en cours pour un site en Ile-de-France ou dans les régions limitrophes.