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Production végétale La France en pôle position sur les grandes cultures

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Les derniers chiffres publiés par le service de statistiques du ministère de l’Agriculture confirment la part prépondérante de la France dans les productions végétales européennes. Celle-ci s’explique notamment par le dynamisme de l’Hexagone en ce qui concerne les grandes cultures, où il s’affiche leader européen. Espace et productivité constituent deux atouts précieux, que les nouveaux entrants ont du mal à concurrencer.

Cela ne fait pas de doute : la France occupe sans ambiguïté la position de leader européen en grandes cultures. Son premier atout : une vaste surface agricole. En 2006, l’Hexagone consacrait 11,4 millions d’hectares aux grandes cultures, soit 17 % du total européen. La Pologne n’arrivait qu’en deuxième position, avec 9 millions d’hectares, soit 13 % de la superficie de grandes cultures des Vingt-sept, presque ex-aequo avec l’Allemagne. A l’espace, s’ajoute un mode de production intensif qui permet à l’Hexagone d’obtenir de bons rendements. Avec seulement 17 % des surfaces, la France a donc assuré en 2006 38 % de la production de grandes cultures des Vingt-sept, contre 27 % seulement pour l’Allemagne, qui vient juste derrière.

Un leadership qui a plutôt tendance à se renforcer

Cette tendance n’est pas neuve. En 1996, la France contribuait déjà à 25 % de la production européenne avec 16 % des surfaces, tandis qu’en 1987, elle récoltait 22 % de la moisson de grandes cultures de l’Union. Ce chiffre plaçait alors l’Hexagone loin devant la Pologne (10 %), le Royaume-Uni ou l’Allemagne hors RDA (9 % chacun). Le leadership français semblerait même se renforcer au fil des ans. Un savoir-faire, des surfaces et un contexte pédo-climatique favorable lui permettent de rester loin devant un nouvel entrant comme la Roumanie, dont les performances ne sont pas constantes. En 1997, par exemple, le pays obtenait un rendement moyen en grandes cultures de 3,2 t/ha, alors qu’en 2006, ce dernier tombait à 2,6 t/ha. Or en France, il restait à peu près constant : 6 t/ha en 2006, 6,1 t/ha en 1997.

Poids lourd en blé

C’est en grande partie parce qu’elle réalise depuis 15 ans 25 à 30 % de la production européenne de blé que la France s’affiche leader européen. Une part importante, mais en plus relativement stable. L’Hexagone récolte nettement plus que l’Allemagne, sa principale rivale, qui réalise en général moins de 20 % de la production des Vingt-sept. Troisième sur le podium, le Royaume-Uni ne fournit pour sa part que 10 à 15 % de la production. Or, avec 110 à 130 millions de tonnes produites chaque année, le blé est de loin la première grande culture produite sur le Vieux continent.

Une place plus disputée en maïs

Jusqu’à présent, la France a eu une seconde carte dans sa manche : le maïs. En 2006, le pays assurait 23 % de la production des Vingt-sept, contre 17 % pour l’Italie, en seconde position. Mais cette position se fragilise depuis 2000, année où la France récoltait plus de 30 % du maïs européen. La culture se développe en Hongrie, qui en 2006 comptait pour 15 % de la récolte de l’Union, contre 9 % en 1989, par exemple. La Roumanie s’affiche également en challenger, avec une production représentant en moyenne 15 à 20 % de la récolte des Vingt-sept.

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En céréales, la France cède sa place de leader uniquement en orge. L’Allemagne, qui produit autour de 12 Mt par an, soit 18 à 23 % de la production européenne en moyenne sur dix ans, pèse chaque année légèrement plus que l’Hexagone. Mais au fil des ans, la production française se renforce. En 2006, la France récoltait 19 % de la production européenne contre 12 % en 1994. Ce repositionnement s’effectue au détriment du Royaume-Uni et dans une moindre mesure de l’Espagne, un pays qui a du mal à stabiliser ses récoltes.

L’Allemagne supplante la France en colza

En ce qui concerne les oléagineux, en revanche, la France a encore des efforts à faire. Depuis 2000, c’est l’Allemagne qui assure l’essentiel de la production européenne de colza, avec, en 2006, 34 % de parts de marché contre 26 % pour l’Hexagone. Cette hiérarchie reflète le boom du biodiesel en Allemagne, tiré jusqu’au début 2008 par une défiscalisation totale. S’ils semblent développer petit à petit leurs productions, les pays de l’Est sont encore en retrait, avec 10 % de la récolte de l’Union réalisée par la Pologne en 2006, contre 6 % en 1996. Il faut dire que le marché des 27 a considérablement évolué en vingt ans : de 4 Mt en 1986 pour l’Europe des 12, la production est passée à 8 Mt en 1996 au niveau des Vingt-sept, pour atteindre 15,7 Mt en 2006. Ce qui signifie des productions en hausse très fortes partout en Europe.

20 % de la valeur de la production végétale de l’Union créés par l’Hexagone

En tournesol, en revanche, les nouveaux entrants ont pris leurs marques plus rapidement. En 2006, Bulgarie et Roumanie récoltaient 40 % de la production européenne contre 29 % en 1995. La France semble pour sa part se désintéresser de cette production, qui ne représentait qu’à peine 1,5 Mt en 2006, soit 21 % de la production européenne, au lieu de 2 Mt en 1996 (34 % de la récolte des Vingt-sept).

Toutes productions végétales confondues, la France est définitivement en bonne place chez les Vingt-sept. En 2006, l’Hexagone générait 20 % de la valeur de la production végétale de l’Union, loin devant l’Italie (15 %) ou l’Allemagne (11 %). Une situation qui a toutes les raisons de se maintenir.