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Régulation La France a moins profité du stockage privé que ses voisins

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Le volume de stockage privé demandé par la France à la Commission européenne fait débat entre éleveurs et industriels. Réclamé à cor et à cri par la France, le tonnage revendiqué est pourtant l'un des plus faibles (6 800t) par rapport aux autres pays européens, notamment l'Allemagne (36 000t). D'autant plus que certains indicateurs laissent présager un cours du porc à la hausse.

«Concernant la France, il n'y a - malgré les apparences- aucun paradoxe à avoir soutenu, avec force, la demande d'intervention communautaire et à afficher aujourd'hui une relativement faible participation à l'opération de stockage privé », relève le Syndicat national des industriels de la viande (Sniv). Dans sa lettre d'actualité n°8, il explique que « nous avons toujours dit que des mesures communautaires étaient urgentes et nécessaires pour restaurer des cours normaux… en Allemagne. Faute de quoi nous ne pourrions, seuls, maintenir longtemps les prix en France, ce que les entreprises françaises des viandes ont pourtant fait. » La demande française de stockage privé est effectivement la plus faible (6 800t) par rapport aux autres pays européens (Allemagne : 36 000t, Espagne : 27 000t, Danemark : 12 500t, Pays-Bas : 11 500t, Pologne et Italie : 8 500t). Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, avait regretté le 16 février que « les outils d'abattage n'aient pas davantage profité du stockage privé » afin de tirer les prix vers le haut (+0,05€/kg carcasse). Pour le Sniv, « les petites polémiques d'aujourd'hui devraient laisser la place à une mobilisation de tous en faveur de l'étiquetage de l'origine. »

La production européenne va baisser
Cela dit, pour Michel Rieu, directeur du département d'économie de l'Institut du porc (Ifip), « la France participe souvent moins au stockage privé que les autres pays européens ». La demande du volume de stockage est une analyse que font les entreprises et qui suppose une anticipation du marché. Une marchandise congelée perd de la valeur. Cette dernière sera compensée soit par les aides européennes, soit par le marché. Un tel volume de stockage en France pourrait laisser supposer que les entreprises n'ont pas forcément cru en une forte hausse des prix du porc. « Face à la très forte baisse de la demande en Allemagne, du fait de la crise de la dioxine, il est normal que les abatteurs se soient engouffrés dans cette possibilité de stockage, remarque Michel Rieu. Il est cependant toujours dommage de ne pas profiter des aides » pour maximiser son potentiel de stockage. D'autant plus que certains clignotants laissent présager une hausse des cours du porc au printemps : l'Asie achète et tire le marché, le prix élevé du porc américain le rend moins compétitif et une baisse de la production est attendue en Europe. En France, d'après Michel Rieu, s'il est difficile pour le moment de mesurer cette réduction, elle se révèlera certainement durant l'année 2011. Au final, l'Allemagne semble avoir bien tiré son épingle du jeu, d'autant plus que le scandale de la dioxine s'est plutôt essoufflé.

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