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Aide alimentaire La France ne respecte pas les engagements de l’Aquila selon Oxfam

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Dans une note diffusée le 25 juin, Oxfam analyse la mise en œuvre des engagements pris par la France en 2009 à l’Aquila pour améliorer la sécurité alimentaire dans les pays en développement. Le constat est clair, selon l’organisation : la mise en pratique n’est pas conforme au discours.

C’est une note courte mais corrosive qu’a diffusée l’ONG internationale Oxfam le 25 juin. Son sujet : le suivi des engagements pris par la France en matière de sécurité alimentaire lors du G8 de l’Aquila en 2009. A cette occasion, l’Hexagone avait promis de débloquer 1,5 milliard d’euros sur 2009-2011 afin d’améliorer la sécurité alimentaire dans le monde. « Pour tenir ses promesses, la France maquille la réalité de son aide », explique dans un communiqué Jean-Denis Crola, responsable du plaidoyer « justice économique » pour Oxfam et auteur de l’étude. L’ONG dénonce « des artifices de calculs ». Le 1,5 milliard inclut le financement de projets non directement liés à la sécurité alimentaire et à l’agriculture au sens du Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement (Cicid) ainsi que des aides non comptabilisables au titre de l’aide publique au développement. De plus, la France déclarerait des engagements bruts, qui ne tiennent pas compte des remboursements des Etats aidés, et non nets comme le veulent les règles internationales. Elle additionnerait également les prises de participation dans le secteur privé du Fonds d’investissement dans l’agriculture africaine.

Des pays en dette vis-à-vis de la France

Malgré cela, les engagements que s’est fixé la France sur 2009 ne vont pas être tenus, d’après Oxfam. « Et les prévisions de décaissement pour l’année 2010 ne permettent pas d’espérer un rattrapage », précise la note. Selon l’ONG, « l’aide publique au développement française consacrée au secteur “agriculture et sécurité alimentaire” est à son plus bas niveau depuis 2007, voire depuis 2001, si l’on tient compte de l’inflation ». Les formes de soutien que la France pouvait apporter aux pays en développement ont changé. « Entre 2001 et 2009, la proportion entre les dons et les prêts dans l’aide bilatérale s’est inversée », souligne la note. Les premiers se réduisent au profit des seconds. Ce qui se traduit par le délaissement de l’appui aux politiques agricoles au profit des projets d’infrastructure et de soutien à la population. Et surtout, les Etats doivent rembourser des sommes importantes à la France. Bilan, certains Etats se retrouvent en dette vis-à-vis de l’Hexagone, comme la Tunisie, par exemple. Sur 2009, le pays a remboursé plus qu’il n’a perçu, le différentiel étant de 6,4 millions d’euros. L’ONG insiste : « Les pays les moins avancés, les plus touchés par la crise alimentaire, sont progressivement délaissés de l’aide publique au développement française, car ils ne répondent pas aux critères d’octroi des prêts de l’Agence française de développement ». Ce qui fait dire à Jean-Denis Crola que, si la France n’est pas capable de mettre en conformité discours et pratiques, elle doit « cesser de se comporter sur la scène internationale comme le champion de la lutte contre la faim ».

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