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Pac La France proposera une nouvelle « préférence communautaire »

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Lors d’un séminaire organisé à Bruxelles par « Les Amis de l’Europe », sur le thème « Adapter la PAC aux nouvelles réalités » , le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, a révélé que la France, lors de sa présidence tournante de l’UE , de juillet à décembre 2008, proposera une « nouvelle préférence communautaire » pour se protéger des importations en provenance notamment des pays émergents. Un renforcement de la protection sanitaire de l’UE serait également au programme.

« Une nouvelle préférence communautaire – et ce n’est pas un gros mot – sera un des principaux points forts que la France proposera sous sa présidence de l’UE », a déclaré Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, lors de son intervention au colloque sur les nouveaux défis de la Pac organisé le 21 janvier à Bruxelles par le think-tank européen « Les Amis de l’Europe ». « Nous devons assurer une protection douanière à nos frontières pour ne pas être naïfs notamment vis-à-vis des pays émergeants », a-t-il souligné. Le ministre a également évoqué la nécessité d’un renforcement de la protection sanitaire aux frontières européennes en précisant que « ce n’est pas au moment où les Etats-Unis s’interrogent sur les risques d’une mondialisation sans frein et sans gouvernance que l’Union va détricoter tous ses acquis ». Michel Barnier a mis en garde par ailleurs contre la spéculation internationale en affirmant la nécessité de mettre en place des outils de stabilisation. « Il faut des outils de régulation et même les Etats-Unis commencent à s’en préoccuper », a-t-il précisé.

Rappelant que l’agriculture est devenue un enjeu stratégique pour l’Europe et qu’elle est à un moment de vérité, le ministre a indiqué qu’il faut préserver la Politique agricole commune en en faisant une agriculture de qualité, qui garantit la sûreté alimentaire et un développement durable. « C’est un des rares postes économiques qui se développe en France », a-t-il souligné. Il faut également préserver le modèle agricole européen « afin d’éviter qu’il ne soit aseptisé et concentré comme c’est le cas outre-Atlantique ». Il ne faut pas non plus, selon lui, « attendre 2012 pour corriger la Pac et c’est dès maintenant qu’il faut commencer à imaginer ce que pourrait être la Pac en 2013 ».

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L’agroalimentaire, premier client de l’agriculture

Rejoignant les propos du ministre, le président de la CIAA, Jean Martin, a rappelé au nom des industriels européens de l’alimentaire que le destin et la prospérité de l’agriculture et de l’industrie alimentaire européenne sont intimement liés. « Avec 850 milliards d’euros nous sommes le meilleur client de l’agriculture. Nous achetons 70 % de nos matières premières agricoles à l’agriculture européenne », a-t-il précisé. Confirmant que l’agriculture joue un rôle stratégique en Europe, le responsable de la CIAA a indiqué que le rôle de celle-ci est d’assurer l’approvisionnement de l’agro-alimentaire européen. « Les matières premières qui sont détournées vers d’autres utilisations comme les biocarburants, grâce notamment à d’importants subsides, ne doivent pas le faire au détriment de l’industrie agro-alimentaire ». Jean Martin appelle dans ce sens à une vigilance de la Commission européenne pour veiller à éviter toute tension et déséquilibre du marché.