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Innovation La grande majorité des entreprises alimentaires innovent

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Deux tiers des entreprises agroalimentaires (de 20 salariés et plus) ont innové sur des produits, des procédés de fabrication, le marketing ou l’organisation, selon une enquête officielle réalisée tous les deux ans et portant sur la période 2004-2006. Les freins à l’innovation sont d’ordre financier et les aides publiques ne touchent qu’une frange très limitée des entreprises.

Trois enquêtes sur l’innovation auront été menées depuis 1998 par les Services statistiques du ministère de l’Industrie et sont maintenant en phase avec l’enquête communautaire dite « CIS ». Les résultats concernant l’industrie alimentaire, que vient de publier Agreste (1), montrent une certaine stabilité entre 1998 et 2006 : la motivation principale dans ce secteur pour innover reste l’adaptation au marché avec en tête les renouvellements de gamme, la conquête de nouveaux clients et l’amélioration de la qualité.
Ces tendances sont à nuancer selon la taille de l’entreprise : la recherche de marchés supplémentaires est plus spécifique des grandes entreprises, celle de la qualité est constamment mise en avant depuis 1998 par les petites. Au total, pour 100 entreprises agroalimentaires, 63 innovent dont 17 dans un seul domaine, soit sur les produits, ou les procédés de fabrication, l’organisation du travail ou le marketing.
Les 46 autres associent une, deux, trois voire quatre modifications ; en effet, un nouveau produit peut exiger des techniques de production jusque-là ignorées.

Plus d’organisation et de marketing, tassement des nouveaux procédés
Le taux d’innovation des entreprises agroalimentaires reste globalement constant par rapport à la période 2002-2004. Avec toutefois une évolution selon les domaines. Élargie à la gestion de la chaîne d’approvisionnement ou de la qualité, l’innovation d’organisation prend de l’importance, tout en restant inférieure à ce qu’elle est dans le reste de l’industrie. Les changements au niveau du marketing se développent toujours avec 35 % d’entreprises qui innovent dans ce domaine de 2004 à 2006 contre 32 % sur la période 2002-2004. Ces changements peuvent se limiter à une modification des emballages, du design, mais concernent également les méthodes de vente. Ils sont particulièrement élevés dans le secteur alimentaire où les dépenses annuelles en publicité sont de 10 milliards d’euros, soit 8 % du chiffre d’affaires, souligne l’étude.
L’effort d’innovation en produits ou en procédés des IAA connaît un léger tassement entre 2004 et 2006. Un quart des entreprises innovantes en produits ou procédés développent de véritables nouveautés. Ce sont principalement de grandes firmes, plus à même de supporter des investissements conséquents. L’impact sur les ventes de ces nouveautés reste cependant limité : pour la moitié des entreprises, il ne porte que sur 10 % du chiffre d’affaires et seule une firme sur dix réalise plus d’un tiers de ses ventes avec ces nouveautés.

Deux fois plus d’innovation dans les grandes entreprises
Parce qu’elles demandent des moyens, les innovations sont souvent le fait de grandes unités : dans celles qui emploient plus de 250 salariés, sept sur dix innovent sur les produits et les procédés de 2004 à 2006. Soit deux fois plus que celles de 20 à 49 salariés. Les grandes firmes sont aussi les plus constantes. Le taux d’innovation des entreprises d’au moins 250 salariés est inchangé sur les trois enquêtes effectuées depuis 1998. Ce taux fluctue davantage dans les entreprises de 20 à 49 salariés : 27 % entre 1998 et 2000, 37 % de 2000 à 2002 et 32 % ensuite. L’appartenance à un groupe procurant une certaine assurance, cela incite à l’innovation, pour les grandes entreprises comme pour les petites. Il en est de même des fabricants de MDD qui sont des sous-traitants de la grande distribution et innovent pour s’adapter à la stratégie des donneurs d’ordre : de 2004 à 2006, ils sont 43 % à innover en produits ou procédés.

Aides publiques : une part minime du financement
Un tiers des entreprises agroalimentaires innovantes ont renoncé à un ou plusieurs projets d’innovation entre 2004 et 2006. Le coût financier est le premier frein pour elles comme pour celles qui n’innovent pas bien sûr. Les firmes innovantes affichent plutôt de meilleurs résultats économiques, avec 36 % de taux de marge en 2006 contre 28 % pour les autres. Les taux d’investissement et d’exportation sont également plus élevés.
Les IAA comptent essentiellement sur leurs ressources pour innover, 85 % des financements étant fournis par elles-mêmes ou par le groupe auquel elles se rattachent. Le complément est assuré à hauteur de 12 % par les établissements financiers. Les aides publiques ne représentent que 3 % des apports et ne concernent que 12 % des entreprises innovantes.
Pour protéger leurs innovations, un peu moins de la moitié des entreprises ont recours à une marque, un quart font confiance à leur avance technologique ou à la complexité de la conception. Et les dépôts de brevet sont davantage le fait d’entreprises rattachées à un groupe que des sociétés indépendantes.

(1) Agreste Primeur n°225 – juin 2009

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