Comme la première version de l'écotaxe, le péage de transit poids lourds suscite l'opposition des professionnels. Après les critiques des milieux agricoles et agroalimentaires, celles des transporteurs reçoivent toute l'attention du gouvernement, qui a nommé un médiateur.
LE péage de transit poids lourd, imaginé par le gouvernement pour remplacer l'écotaxe, suscite une contestation croissante des professionnels. À tel point que le gouvernement, qui avait ajourné l'écotaxe à l'automne dernier pour désamorcer la crise des Bonnets Rouges en Bretagne, a nommé un médiateur sur le sujet. Mais de nombreuses voix continuent de s'élever pour l'abandon pur et simple de la « ségotaxe », comme la surnomment ses opposants. Le collectif des acteurs économiques bretons, lié au Medef Bretagne et qui regroupe 150 000 entreprises, a ainsi demandé au Président de la République et au Premier ministre l'abrogation du dispositif par un courrier repris par l'AFP le 16 juillet. « Il nous semble en effet préférable de payer 800 millions d'euros de dédommagements à Ecomouv' (société chargée de la collecte du péage, ndlr) plutôt que de faire peser une charge annuelle (...) de 750 millions d'euros sur nos entreprises de production », plaide même le collectif dans ce courrier.
UN DISPOSITIF CONTESTÉ DE TOUTES PARTS
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Contestée par les représentants des milieux agricoles et agroalimentaires (l'Ania n'a toutefois pas pris position sur le péage de transit), notamment du fait de la majoration forfaitaire que pourront pratiquer les transporteurs, l'écotaxe nouvelle version suscite aussi l'opposition des transporteurs. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l'union des entreprises de transport et de logistique en France (TLF) et l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (UNOSTRA) ont dénoncé, dans un communiqué commun, « l'injustice régionale » provoquée selon elles par la mise en place de ce péage de transit. Le Snia (syndicat des industries de la nutrition animale) pointait à ce sujet dans un communiqué du 25 juin l'impact pour des régions comme le Limousin, le Poitou-Charentes, le sud de la Bourgogne et la Lorraine. L'OTRE, fédération patronale de transporteurs routiers, a pour sa part annoncé qu'elle ne rencontrerait le médiateur que pour lui demander d'abandonner l'écotaxe et de mettre en place une réelle réforme de la fiscalité sur les infrastructures prenant en compte toutes les options ».
Le nouveau dispositif d'écotaxe doit entrer en vigueur le 1er janvier 2015. Le péage de transit poids lourds consiste à taxer la fréquentation d'un réseau national d'environ 4 000 kilomètres (sur lequel circulent plus de 2 500 poids lourds par jour), qui doit être précisé par décret d'ici à la fin du mois d'août. Le réseau local taxé, c'est-à-dire les routes qui devraient pâtir d'un report de circulation venu des routes nationales devenues payantes, devrait être précisé par décret à l'automne, après concertation avec les collectivités territoriales.