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RELATIONS COMMERCIALES/ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES La guerre des prix au centre des préoccupations au Sial

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Alors que les négociations commerciales 2015 commencent et qu'agriculteurs, industriels et distributeurs sont convoqués par le gouvernement le 23 octobre. L'actualité sur le sujet a donné lieu à de nombreux commentaires de la part des uns et des autres lors du Salon international de l'alimentation (Sial) à Paris.

ALORS que les négociations commerciales 2015 commencent, les ministres de l'Économie, Emmanuel Macron, et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et la secrétaire d'Etat chargée du Commerce, Carole Delga, recevront agriculteurs, industriels et distributeurs, le 23 octobre. « C'est reparti pour un tour », commentait Michel Edouard Leclerc le jour de l'ouverture du Sial, qu'il qualifiait « d'amplificateur des revendications », au même titre que le Salon de l'agriculture. De son côté Philippe Mangin, président de Coop de France, a appelé à « stopper cette guerre des prix destructrice de valeur, y compris pour la distribution elle-même » lors du lancement de Coop de France agroalimentaire le 20 octobre. Un credo repris par Jean-Philippe Girard, président de l'Ania. « Si les négociations dans le cadre de la loi Hamon (sur la consommation, ndlr) sont pires que les précédentes, nous demanderons officiellement une nouvelle loi. Et les récents rapprochements de centrales d'achat ne nous incitent pas à l'optimisme », a déclaré ce dernier lors des Assises de l'alimentation, organisées par l'Ania et qui se tenaient au Sial le 21 octobre. « La loi Hamon n'est déjà plus adaptée à la nouvelle situation. La concentration s'est poursuivie, cette loi ne va pas assez loin », commente son vice-président aux relations industrie-commerce Jérôme Foucault. Ces dernières semaines, Système U et Auchan, suivis de Casino et Intermarché ont annoncé le rapprochement de leurs centrales d'achat. Les quatre premières centrales d'achat couvrent 90% du marché, estime l'Ania.

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Manuel Valls pour sa part a demandé à la filière agroalimentaire d'avoir des « relations responsables », estimant qu'il « y a actuellement un risque de spirale perdant-perdant-perdant » pour les agriculteurs et les IAA, la grande distribution et le consommateur « si le tissu économique se déchire ». « Le gouvernement est décidé à appliquer toutes les dispositions de la nouvelle loi consommation, la loi Hamon. Les décrets d'application viennent d'être publiés. Et nous ferons sanctionner les pratiques commerciales abusives », a promis le Premier ministre qui a invité la grande distribution à « jouer le jeu du patriotisme alimentaire en mettant davantage en avant nos produits dans les magasins ». Le ministre de l'Agriculture n'a pas tenu un autre discours le lendemain. « Cette stratégie (la guerre des prix, ndlr) n'est plus le moyen d'augmenter les parts de marché », a-t-il déclaré, faisant référence à l'impact, plus décisif selon lui, de nouvelles formes de distribution développées par les enseignes. Stéphane Le Foll a évoqué le rôle de la DGCCRF sur cette question, direction qu'il reste à persuader de ne pas être focalisée sur la baisse des prix. C'est aussi dans cet esprit qu'il a demandé à Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie, qui a la tutelle de la DGCCRF, de venir à une réunion sur les relations commerciales fournisseurs-distributeurs, le jeudi 23 octobre.