Comme dans la filière porcine, les cotations des bovins à viande ne progressent pas à la mesure des attentes des éleveurs, et surtout de l'accord, acté au ministère le 17 juin, par l'ensemble des membres de la filière. Les éleveurs retournent manifester sur le terrain pour faire pression sur l'aval, avec l'assentiment du syndicat agricole majoritaire. Stéphane Le Foll, lui, fait appel au médiateur.
Deux semaines après l'accord au sein de la filière viande bovine sur une hausse des cotations – toutes catégories confondues y compris les vaches laitières - de 0,05€/kg carcasse, le résultat n'est pas au rendez-vous. Ainsi, la hausse de cette semaine, très attendue par les éleveurs, est de 0,01€/kg C en moyenne, selon les cotations de FranceAgriMer du 30 juin, hausse confirmée par Dominique Langlois, président d'Interbev et Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB). La semaine précédente, la hausse avoisinait les 0,02€/kgC. « Les éleveurs trahis ! » titre alors la Fédération nationale bovine (FNB) dans son communiqué du 1er juillet. De son côté, la FNSEA fait le même constat dans son communiqué du même jour : « Les hausses de prix actées devant les pouvoirs publics par les filières porcines et bovines, ne sont pas au rendez-vous ». Le syndicat déplore qu'« industriels et GMS se renvoient la balle et leurs responsabilités en permanence ». « Si la baisse des cours a été stoppée et qu'une hausse limitée a été enregistrée, elle n'atteint pas les objectifs que s'étaient fixés les filières [bovine et porcine, ndlr] », reconnaît Stéphane Le Foll, quelques heures après, dans un autre communiqué.
Une filière ?
Jean-Pierre Fleury parlait de faire appel au médiateur pour résoudre le non respect de l'accord au sujet des cotations et de reprendre les blocages d'abattoirs. « Si l'on ne respecte plus un accord, autant ne plus parler de filière », affirme-t-il. Il demande toujours le soutien du ministre de l'Agriculture et insiste sur le fait que l'« on ne peut pas mettre toute la pression sur l'interprofession ». Avec les fortes chaleurs (diminution de la consommation de viandes, manque de fourrage…) et le manque de trésorerie des éleveurs, un risque de décapitalisation est à craindre, avec un afflux d'animaux sur le marché. Cela n'aiderait pas la progression des cotations… À cette question, Jean-Pierre Fleury s'insurge : « Il n'y a pas d'abattoirs qui ne tuent pas des animaux chaque semaine ! On ne remplit pas des frigos, sans marché ! C'est une filière des prétextes. Nous ne pouvons plus les entendre ! » Dominique Langlois reconnaît la complexité de la situation et évoque même la Grèce dont l'important débouché en jeunes bovins s'est fermé avec la crise européenne.
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Stéphane Le Foll saisit le médiateur
Stéphane Le Foll fait le choix de saisir le médiateur des relations commerciales agricoles, le 1er juillet, aussi bien pour la filière porcine que bovine. Il « appelle » donc « l'ensemble des acteurs des filières, au niveau de la transformation et de la distribution, à communiquer au médiateur (qui en garantira la confidentialité) toute information sur les actions entreprises pour mettre en œuvre les engagements pris mi-juin, et sur les difficultés éventuellement rencontrées ». Mi-juillet, un compte rendu à l'amont est promis par le ministre. Le mouvement de manifestation prévu une semaine auparavant par les Jeunes agriculteurs (JA) prend forme dès le 1er juillet. La Confédération française de l'aviculture annonce participer au mouvement, par communiqué, le 1er juillet. La Fédération nationale ovine et la Fédération nationale des producteurs de lait font de même, le 2 juillet. « Nous voulons de la transparence, nous voulons des résultats, nous voulons plus de prix, nous voulons moins de normes », affirme la FNSEa. Un discours repris par toutes les filières d’élevage. Opérations escargots, dépôts de déchets devant les préfectures ou des laiteries, lâchers de ballons lumineux, ventes de produits à prix coûtant, opération d’étiquetage des viandes, tags, etc, les actions partent dès le 1er juillet au soir, notamment dans l’Ouest. Ce n’est pas une « nuit de la détresse » qui couve, comme l’annonçait Thomas Diemer, président des Ja, le 25 juin, mais plusieurs !