La hausse des prix agricoles et l’expansion des biocarburants sont plutôt une opportunité pour les pays en développement, a indiqué la fondation française Farm (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde) lors d’une conférence de presse le 21 septembre.
Les prix agricoles sont élevés et « le resteront pendant les dix prochaines années », note Farm. Leurs effets sur l’économie des pays en développement méritent d’être examinés. Farm note que les plus fortes potentialités d’expansion du secteur agricole se trouvent dans les pays en développement, citant les experts de la FAO (Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). En outre, ces deux organisations prévoient que l’inflation restera modeste au cours des dix prochaines années, souligne Farm.
L’investissement relancé
La fondation voit dans l’augmentation des prix agricoles un levier relançant l’investissement dans le secteur rural : « Les revenus des agriculteurs pourront s’améliorer, des investissements dans le secteur auront lieu et permettront d’améliorer la productivité, démarrant ainsi un cercle vertueux d’investissements bénéficiant au développement, pas seulement agricole du pays », explique-t-elle dans sa note de synthèse, citant le Worldwatch Institute.
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Dans cette note, Farm aborde aussi la question des biocarburants importés par l’UE et les États-Unis aux pays en développement. Farm y voit là aussi une opportunité, en prenant soin de mentionner qu’elle ne traite pas de l’impact environnemental des biocarburants. « La demande (européenne et américaine) en biocarburants étant forte, le prix des matières premières agricoles nécessaires à leur fabrication est élevé, ce qui pourrait bénéficier aux agriculteurs ». Le développement des biocarburants dans ces pays crée des besoins de main-d’œuvre en milieu rural (et urbain pour la transformation), précise-t-elle.
Mais pour que l’impact des biocarburants soit positif, il faut que les cultures alimentaires soient réalisées sur les terres au plus fort potentiel et les biocarburants sur les sols moins favorables, et il faut aussi des variétés moins consommatrices d’énergie, signale la fondation.