« Après une année 2007 tout à fait exceptionnelle pour le secteur laitier, l’année 2008 aura mis fin à l’envolée des prix avec le retour à la baisse des cours des produits industriels (beurre, poudres) sur le marché mondial », indique l’Office de l’élevage dans son analyse annuelle sur le marché des produits laitiers, carnés et avicoles. Les tendances à la baisse se sont répercutées avec décalage sur le prix du lait de vache payé aux producteurs marquant un coup d’arrêt à la forte augmentation du prix depuis la fin 2007. Autant de facteurs qui expliquent que les négociations interprofessionnelles sur le prix du lait aient été et demeurent si difficiles.
L’année 2008 aura été difficile pour le secteur laitier qui n’échappe pas au contexte de forte fluctuation des cours qui prévaut actuellement sur les marchés mondiaux des matières premières. L’euphorie sur les marchés mondiaux des cours du beurre et des poudres est finie depuis le début 2008. En revanche, pour les produits de grande consommation (PGC) la hausse est plus durable. Rappelons, que la hausse des prix des PGC a été forte en fin d’année 2007. Ce niveau de prix fragilise les achats des ménages en produits laitiers pour l’année 2008.
D’après l’Office de l’élevage, en cumul du 7 janvier au 12 octobre 2008, les achats des ménages sont en baisse de 0,4 %. Ce sont surtout les achats des produits les plus élaborés (fromages et ultra-frais) qui ont été particulièrement pénalisés à -0,4 % et - 2,2 %. Quant aux prix des produits laitiers, la hausse constatée est de 8,2 %. L’augmentation des prix des fromages atteint 8,4 % et celle de l’ultra-frais de 7,2 % selon l’Office de l’élevage.
Parmi les produits les plus touchés, les yaourts (56 % des volumes d’ultra-frais) ont vu leurs ventes baisser de 3,2 %, avec un report de consommation entre produits au profit des yaourts nature.
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En plus d’une conjoncture incertaine et perturbée, le secteur laitier se trouve confronté, selon l’Office de l’élevage, à une modification majeure de son organisation au niveau structurel. L’accord sur le bilan de santé de la PAC conclu le 20 novembre dernier, a entériné la fin des quotas laitiers à l’horizon 2015 et leur sortie progressive par une augmentation de 1 % par an pour chaque État et pendant cinq ans à partir de la campagne 2009/2010.
Hausse sans précédent de la collecte
Déjà en France, l’assouplissement du système de gestion des quotas pour la fin de campagne 2007/2008 et la hausse du prix du lait payé aux producteurs ont entraîné une très forte augmentation de la collecte au cours des premiers mois de l’année 2008. Les niveaux spectaculaires atteints au premier trimestre et le maintien de la collecte à des niveaux élevés les mois suivants ont entraîné un déséquilibre de l’offre et de la demande au niveau français, ajoute l’Office de l’élevage. Résultat : une large partie de cette production a été reportée vers la fabrication de produits de stockage (beurre et poudres) plus que vers les PGC, déstabilisant encore un peu plus le marché.