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Lait/Investissement La Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel conditionnera en PET

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La Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel, dans le village éponyme du Loiret, a engagé de lourds investissements de 20 millions d’euros afin de diversifier son activité de conditionnement cartonné vers la fabrication de bouteille en PET. Elle envisage d’ores et déjà un nouvel investissement, en 2007, de 10 M EUR pour des aménagements annexes tels que le stockage. La laiterie familiale, dirigée par Emmanuel Vasseneix, s’est orientée depuis 1985 vers le conditionnement de lait et de tout aliment liquide. Dotée de deux sites industriels, l’un à Saint-Denis-de-l’Hôtel, le second à Varennes-sur-Fouzon, dans l’Indre, elle réalise 360 millions d’emballages, dont 30 % destinés aux produits laitiers, 55 % au jus de fruits et 15 % dans les « produits élaborés » tels que des produits au soja et produits pharmaceutiques. 60 % de ses clients sont des distributeurs, ce qu’Emmanuel Vasseneix voit comme une « possibilité de mise en avant », « les MDD sont un peu nos marques », s’amuse-t-il.

Reprise en 1947 par la famille Vasseneix, la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel a connu quelques difficultés « liées à la réforme de la PAC et à la concentration des producteurs laitiers ». Vendue puis rachetée par Emmanuel Vasseneix et son père en 1996, la laiterie familiale a choisi dès 1985, au moment de la mise en place des quotas laitiers, de changer de stratégie et d’évoluer vers le conditionnement cartonné de liquides alimentaires, tout en gardant une activité de collecte. Poussée par le marché qui évolue vers des conditionnements en plastique – il domine les deux tiers du marché du lait –, la laiterie familiale poursuit sa stratégie d’innovation, de qualité et de force de proposition en choisissant d’investir dans des lignes de conditionnement plastique. Aujourd’hui, une nouvelle page de l’histoire de la Laiterie s’écrit avec la décision stratégique de son p.-d.g. de se tourner vers les emballages plastiques.

investissement de 30 millions d’euros

Ainsi, un investissement de 20 M EUR a été engagé entre 2005 et 2006 pour la mise en place de deux nouvelles lignes de process et de conditionnement PET. La société a, par ailleurs, dû étendre son site de Saint-Denis-de-l’Hôtel sur 3 500 mètres carrés supplémentaires. Dotée de deux sites industriels, la laiterie fabrique 360 millions de conditionnements dont 30 % destinés aux produits laitiers, 55 % aux jus de fruits et 15 % pour des « produits complexes ou élaborés » à base de soja par exemple, dans le secteur de l’alimentation et de la parapharmacie, ses clients étant notamment Slim Fast ou Danao. Actuellement, l’entreprise utilise un système de bouchage aseptique, mais « travaille sur un projet de système d’operculage qui devrait voir le jour courant 2007 ».

Avec un chiffre d’affaires d’environ 155 millions d’euros, en 2006, et 360 salariés, ce développement n’implique pas l’arrêt de la production d’emballages cartonnés. Au contraire, son p.-d.g. prévoit d’augmenter sa capacité de production à 400 millions de briques cartonnées d’ici deux à trois ans, contre 360 actuellement. La production d’emballages plastiques, quant à elle, devrait atteindre un rythme de croisière de 150 millions d’unités dans le même laps de temps.

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Situé à Varennes-sur-Fouzon, dans l’Indre, son second site traite 90 millions de litres de lait et 40 millions de jus de fruits, particulièrement destinés à des marques nationales. Si les investissements actuels se portent sur son premier site, Emmanuel Vasseneix n’exclut pas l’idée d’améliorer son second outil, « nous réfléchissons, en effet, sur son avenir, son évolution étant envisageable avec la mise en place d’une nouvelle ligne de conditionnement pour bouteilles plastiques ».

« Le marché tend vers le plastique »

Ce développement ne s’est pas fait en un jour. La réflexion a débuté en 1999, lorsque Lipton Ice Tea choisit de changer de fournisseur pour se tourner vers des intervenants produisant des bouteilles plastiques. « Nous nous serions ouverts vers ce marché à ce moment-là si nous avions eu une véritable opportunité. Nous ne sommes pas une multinationale et le changement ou l’ajout d’une ligne PET reste un coût et un risque pour l’entreprise », explique Emmanuel Vasseneix. Depuis 10 ans, le marché du PET en produits laitiers notamment s’est considérablement développé pour représenter 40 % du marché. Et pour s’attacher à être en phase avec son environnement concurrentiel, Emmanuel Vasseneix n’a qu’un mot d’ordre en tête : l’innovation, l’innovation et l’innovation. Pour lui, la force de proposition reste un élément clé de stratégie, considérant que « 50 % des produits d’aujourd’hui n’existeront plus demain. Et 50 % des produits de demain sont donc encore à inventer». Il a ainsi placé sept personnes au service R&D et cinq personnes se consacrent à l’innovation. Sa force est d’avoir au fur et à mesure de ses développements capitalisé le savoir-faire de ses clients.