La chaîne de fromageries basée à Grenoble ouvre sa 25e franchise et mise sur l’association entre magasins physiques et plateforme de e-commerce pour attirer des clients plus jeunes. L’investissement dans l’amont fait partie des pistes de développement actuellement en réflexion.
Créée en 1948, la Laiterie Gilbert a accéléré son développement à partir de 2012 et la prise de contrôle par Cédric Garna et Christophe Chaperon (Agra Alimentation du 21 décembre 2017). Tout en conservant son activité historique de grossiste, la laiterie s’est orientée vers le développement de boutiques : 5 en propre et 20 en franchise aujourd’hui. « Nous ouvrons la 25e franchise du réseau qui est aussi la 9e ouverture de l’année 2019 », annonce Christophe Chaperon. Le réseau va poursuivre son développement au rythme de 5 à 10 ouvertures par an dans les prochaines années, en s’implantant dans toute la France. La Laiterie Gilbert est le seul réseau de fromageries en franchise. Les autres enseignes se développent sur un modèle intégré, à l’image de Beillevaire, qui est aussi fabricant.
En juin 2019, la laiterie a acquis la marketplace Les Maisons du fromage afin de capter une clientèle jeune, avec une offre de plateaux de fromages livrés à domicile ou à retirer dans une fromagerie. Un moyen de faire venir les clients et d’offrir un supplément de chiffre d’affaires pour les franchisés, sans leur facturer de commission. Le service est pour l’instant disponible seulement à Paris.
Lors du dernier exercice bouclé le 31 août 2019, le réseau de fromageries est parvenu à écouler 250 tonnes de fromage. La centrale d’achat (dont les ventes au réseau interne de boutiques représentent 60 % de l’activité), le centre de formation au métier de fromager et les 5 boutiques en propre ont représenté 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, tandis que les 20 franchisés ont réalisé 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les fromagers professionnels (sédentaires ou ambulants) vendent pour environ 1 milliard d’euros chaque année en France. Tous marchés confondus (indépendants, GMS, RHF et industriels), il se vend environ 7 milliards d’euros de fromage chaque année dans l’Hexagone.
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Sécuriser les approvisionnements
L’investissement dans l’amont fait toujours partie des projets de la Laiterie Gilbert afin de sécuriser l’approvisionnement de certains fromages comme le reblochon ou la raclette. Pour l’instant, la centrale d’achat se fournit chez des fabricants indépendants, dont certains fabriquent les produits de crémerie à sa marque. La Laiterie Gilbert a aussi lancé des produits en co-branding, par exemple avec Papillon pour le roquefort.
Le recours à des liquidités supplémentaires pourrait être envisagé en cas d’opération de croissance externe, mais pour l’instant rien n’exige de revoir le tour de table : les deux repreneurs et des proches contrôlent plus des deux-tiers du capital, aux côtés de Casra Capital (entré fin 2017 en apportant 200 000 euros) qui détient 14 %, le solde restant sous forme d’actions auto-détenues. « Nous conservons ces actions qui en cas de besoin pourraient nous servir de monnaie d’échange pour un investissement », justifie Christophe Chaperon.