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ACHATS ALIMENTAIRES/ENQUÊTE La légitimité des spécialistes de l'alimentation sur Internet

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Le forum des Innovations en distribution alimentaire (Fodali), qui s'est tenu le 24 et 25 juin à Périgueux, a dévoilé les résultats d'une enquête (1) sur les achats alimentaires en ligne. Pour l'heure, les spécialistes de la vente de produits alimentaires font le poids face aux pure player.

Les achats de produits alimentaires sur internet sont une réalité qui concerne aujourd'hui 46 % des consommateurs français, révèle l'étude publiée le 24 juin par le Forum des Innovation en distribution alimentaire (Fodali) organisé à Périgueux. Mais les achats en lignes ne pèsent que peu sur l'ensemble du marché dans le secteur alimentaire, puisqu'ils ne représentent que 3 % de parts de marché. Assez vaste, l'enquête s'est penchée sur l'ensemble des circuits, depuis les grandes enseignes alimentaires et leurs « drives » jusqu'aux formules d'abonnements en passant par les ventes pri-vées et le « direct producteur ». Ce sont les enseignes de la GMS qui raflent déjà une bonne partie des achats en ligne, le succès des drives aidant à populariser l'offre. 34 % des personnes interrogées déclarent avoir eu recours à ce canal pour effectuer des achats alimentaires, contre 13 % pour des achats directement auprès des producteurs, 20 % pour les ventes privées, 5 et 7 % respectivement pour les formules d'abonnement et les achats groupés. Une prépondérance confirmée par la notoriété des différents canaux d'achats, 95 % pour les grandes enseignes alimentaires, 53 % pour le direct producteur et 61 % pour les ventes privées. « Nous avons constaté un cloisonnement relatif entre les consommateurs selon les usages. D'un côté, les utilisateurs des grandes surfaces alimentaires en ligne, qui ne s'interdisent pas d'avoir recours aux autres circuits, quand d'autres restent uniquement consommateurs des circuits hors GMS », précise Anthony Mahé, sociologue de l'Obsoco, qui a réalisé l'enquête. Parce que les demandes ne sont pas identiques, qualité, réassurance, consommation alternative d'un côté avec une consommation plus « engagée », praticité, rapidité et prix pour les enseignes GMS.

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Autre constat intéressant à souligner et mis en lumière par l'étude, les circuits hors GMS entrent en jeu pour des achats ponctuels, quand une plus grande régularité est de mise pour les grandes surfaces alimentaires. Ce sont aussi ces spécialistes du commerce qui bénéficient de la clientèle la plus populaire, avec une majorité de 25-34 ans issus de CSP intermédiaires et de couples avec enfants. Les autres canaux ont une clientèle plus restreinte socialement, « les CSP + à l'aise financièrement » pour le direct producteur, les 25-34 ans pour les abonnements, les moins de 50 ans CSP + avec enfants à l'aise financièrement (entre 2500 et 4000 €/mois)… Si chaque canal dispose donc d'une clientèle privilégiée, une qualité s'impose tout de même transversalement : celle de la spécialité. Quand on leur demande s'ils trouveraient légitime que les grands opérateurs de la vente en ligne (C-Discount, Amazon, Price Minister, La Redoute, France Loisirs) se lancent dans le commerce alimentaire, les sondés répondent majoritairement par la négative, seul le site ventes-privées échappant peu ou prou à la sanction. « Chaque canal a sa propre particularité, sa clientèle spécifique, c'est très complémentaire », conclut Anthony Mahé. Mais l'étude aussi en exergue que le contact « physique » entre l'acheteur et le commerçant reste important, même si c'est par le biais d'une solution « drive » créant ainsi un mix de canaux, dématérialisés pour une part mais incarné pour l'autre.

(1) Sondage en ligne réalisé par Respondi pour L'Obsoco du 13 au 23 mars sur un échantillon de 971 personnes avec la méthode des quotas.