L’Ania commence à remettre en cause la LME. Sa position officielle – qu’avaient eu bien du mal à admettre nombre de ses adhérents – était, depuis que le texte était voté, que si on l’appliquait à la lettre et si on en respectait l’esprit, elle devait permettre un certain équilibre dans les relations commerciales. Or maintenant, au vu de l’expérience de l’année 2009 et surtout des négociations 2010 qui devaient être achevées en mars, le lobby des industriels déchante vraiment et il n’est pas loin d’entamer un virage à 180 degrés. Trop de blocages, de dérives et d’abus se sont produits et font penser qu’une énième modification législative s’impose. L’ANIA le laisse entendre dans l’éditorial de son dernier Flash, en précisant qu’elle se donne juste encore le temps de lancer ce mois-ci un audit auprès de ses adhérents avant d’en tirer une conclusion définitive. En tout cas, d’autres observations recueillies auprès des experts qui conseillent les entreprises corroborent l’idée que la loi n’a rien arrangé, au contraire.
« Les négociations commerciales 2010 ont été particulièrement tendues, souligne le Flash de l’Ania. Malgré les nombreux avis d’interprétation de la LME publiés par la Commission d’examen des pratiques commerciales, les divergences d’interprétation entre entreprises de l’alimentaire et distributeurs se poursuivent ; elles ont entraîné des situations de blocage important avec notamment des déréférencements. » Et l’Ania d’énumérer une longue liste de dérives constatées sur le terrain : une remise en question systématique des conditions générales de vente (CGV), des refus d’appliquer les tarifs, des demandes de tarifs personnalisés ou dérogatoires (plutôt que de négocier un prix de vente conformément à la loi). De plus, dès fin 2009, plusieurs préalables à toute ouverture de discussion ont donné le ton des échanges : ainsi, certaines enseignes ont exigé le financement de nouveaux concepts de commercialisation, l’annulation des avenants envoyés par courrier, ou encore bloqué les opérations promotionnelles du premier trimestre …
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.