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Céréales mer Noire La logistique céréalière de la mer Noire tente de prendre son envol

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Les pays bordant la mer Noire ont un fort potentiel de production de céréales, mais leurs capacités logistiques pèchent. Michel Ferret, chef du service des marchés et études des filières chez FranceAgriMer, a fait un point, le 29 février au Salon de l’agriculture, sur les améliorations logistiques que préparent ces pays pour les prochaines années.

Si les principaux pays producteurs de céréales de la mer Noire, à savoir la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan, ont un gros potentiel à l’exportation, leurs capacités logistiques peinent à suivre. C’est le constat fait par Michel Ferret, chef du service des marchés et études des filières chez FranceAgriMer, le 29 février au Salon de l’agriculture. Les difficultés logistiques de la zone concernent le blocage des ports l’hiver, leur saturation lors des récoltes et les longues distances qu’ont à parcourir les céréales depuis leurs zones de production jusqu’à celles d’expédition. Mais les pays s’organisent. Avec une production de céréales estimée à 170 Mt en 2011/2012, les trois États ont engagé un important processus de développement de leurs infrastructures logistiques. Ainsi, la Russie construit le port de Taman sur la mer Noire qui sera opérationnel en 2016 et aura une capacité de chargement de 65 à 90 Mt/an d’ici 2025.

Des débouchés vers l’Asie-Pacifique difficiles d’accès

Autre projet russe ambitieux, l’ouverture d’une liaison ferroviaire vers la Corée du sud en traversant la Corée du nord afin de trouver des débouchés pour les céréales russes, de Sibérie notamment, vers l’Asie et le Pacifique. Cependant, Michel Ferret parle d’une « chasse gardée anglo-saxonne » sur le marché céréalier de l’Asie-Pacifique. Ceci en raison des coûts du fret ferroviaire russe pour transporter les céréales jusqu’à la côte Pacifique du pays. En effet, face au transport de céréales par voie maritime depuis les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, les céréales russes perdent en compétitivité sur l’Asie-Pacifique. Cependant, Michel Ferret signale que sur les 5Mt de céréales produites chaque année en Sibérie, une partie pourrait trouver des débouchés vers la zone Asie-Pacifique. Selon lui, « ceci rehausserait de 2 à 3Mt les exportations totales de céréales russes ». Les exportations de la Russie sont estimées à un peu plus de 20Mt en 2011/2012. Ainsi, la Russie et ses voisins devraient jouer un rôle croissant sur le marché mondial des céréales dans le futur, mais leurs débouchés resteront principalement tournés vers le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient.

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