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Biscuiterie/Investissement La madeleine dope la croissance d’Armor Délices

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La biscuiterie Armor Délices va réellement changer de dimension à l’issue de la mise en service de la nouvelle ligne « madeleines », prévue entre novembre 2005 et janvier suivant.

Yvon Névez, qui a fondé Armor Délices en 1989, à Saint-Agathon (Côtes d’Armor), tout près de Guingamp, va consacrer 2,2 millions d’euros à une extension de 2000 mètres carrés de son usine dans laquelle il installera la nouvelle ligne madeleines.

Un outil aux dimensions gargantuesques : 87 mètres de long pour cette ligne mono produit, et une cadence promise à 21 600 madeleines par heure contre 11 000 à la ligne actuelle. Et tout cela sans changer d’un iota la recette à l’ancienne du produit « vedette » de la biscuiterie.

La madeleine d’Yvon Névez représente en effet 68 % du chiffre d’affaires de l’entreprise (8,2 millions d’euros l’année dernière) aux côtés de sablés et de palmiers, chaque produit disposant de sa propre ligne de fabrication, soit 4000 mètres carrés au total. Mais c’est réellement la madeleine qui tire les ventes de l’entreprise, en progression l’année dernière de 17,2 %.

Son secret ? « Ce ne sont que des matières nobles (beurre, farine, sucre) qui entrent dans sa composition », commente l’industriel artisan. Yvon Névez précise que la madeleine à l’ancienne possède « un dégradé de couleur, entre blanc doré sur le dessus et marron brun en dessous ». La nouvelle ligne de production satisfait, selon lui, à toutes ces exigences.

Avec une capacité de production à ce point musclée, la Biscuiterie d’Armor sait tout le travail commercial qu’il lui reste à accomplir. Son p.-d.g. assure qu’elle pourra répondre à toutes demandes aujourd’hui insatisfaites, faute de capacités suffisantes.

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Si l’entreprise réalise à sa marque, « madeleine d’Armor », 65 % de ses ventes, elle ne travaille actuellement qu’avec une marque de distributeur, « Savoir des Saveurs » (Système U) et une quinzaine de marques de biscuiteries pour qui elle fabrique ses madeleines.

FAIRE PLUS EN MDD ET A L’EXPORT

« Demain nous travaillerons plus en MDD, et aussi plus à l’exportation », poursuit Yvon Névez, dont la société fait actuellement 4,5 % de ses ventes à l’exportation, Angleterre en direct, Etats-Unis et Japon sous l’étiquette « Comptoirs de la Tour d’Argent ».

Armor Délices saisit l’occasion de l’installation de la nouvelle ligne de madeleines pour élargir sa gamme. La précédente ligne madeleines devrait accueillir des produits de diversification. Renforcement des madeleines au miel (au catalogue depuis 2002) fabriquées pour la société des « Apiculteurs associés », étude sur des madeleines aux pépites de chocolat, etc.

Yvon Névez réfléchit également à l’évolution des emballages vers une offre plus « snacking ». Armor Délices vend aujourd’hui ses madeleines sur-emballées dans des sachets transparents, cartons ou boîtes métalliques de 6, 8, 10, 13 ou 20 madeleines. De la même manière, la biscuiterie Armor Délices envisage d’intégrer du chocolat dans l’offre de biscuits sablés, et de faire évoluer le grammage de ses palmiers. Selon des prévisions basses, la biscuiterie pourrait progresser de 15 % par an durant les trois prochaines années. Si les clients sont au rendez-vous, les ventes pourraient progresser bien plus vite.