Ces derniers mois, le président de la République a répété à plusieurs reprises aux agriculteurs français qu’il était favorable à la signature, par l’UE, de nouveaux accords de libre-échange, y compris lorsque les pays partenaires disposent de très faibles coûts de main-d’œuvre, comme c’est le cas dans le Mercosur. Face à un tel programme, il conviendrait peut-être de s’inquiéter de l’avenir en France de l’agriculture biologique, dont l’une des caractéristiques – en France et ailleurs – est une utilisation particulièrement intensive de la main-d’œuvre. Est-elle concurrentielle, cette agriculture biologique française ? Difficile encore de le savoir, car depuis plusieurs années, la consommation de produits bio progresse plus vite que la production, de telle sorte que les marchés bio laissent souvent peu de place à l’exercice de la concurrence entre producteurs ou bassins de production. Qu’en sera-t-il dans quelques années ? Certes, un des avantages de la bio est que son consommateur type est, paraît-il, plus volontiers locavore que la moyenne. Mais qu’en sera-t-il si ce marché s’étend à de nouveaux publics ? Car en simplifiant à l’extrême, on pourrait résumer la bio à une agriculture sans chimie de synthèse – c’est que redoute le tout nouveau président de la Fnab. Et cette définition ne la protège en rien de la concurrence extra- ou tout simplement intra-européenne, au contraire.
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