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Lait La maîtrise de la production laitière, principal enjeu de la réforme européenne

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Le Parlement européen propose un mécanisme de régulation de la production laitière en période de crise. Les industriels du secteur estiment que ce dispositif va à l’encontre de l’intérêt de la filière qui doit pouvoir produire plus pour répondre à la demande croissante du marché mondial. Les producteurs de l’EMB, à l’inverse, y voient un moyen de préserver leurs revenus.

Le président de l’Association des entreprises laitières européennes (EDA), Michel Nalet (Lactalis), a prévenu, lors d’une conférence organisée à Bruxelles le 20 mars, que « la réintroduction de gestion de l’offre par les pouvoirs publics n’est pas en conformité avec les politiques développées au cours des 10 dernières années et n’est pas une bonne idée pour le secteur laitier car cela pénaliserait les agriculteurs qui ont anticipé sur les politiques à venir ». Selon lui, il faut laisser la filière européenne tirer parti de la croissance du marché des produits laitiers en Europe et dans le monde.
Dans son projet de réforme de la Pac adopté en mars, le Parlement européen propose qu’en période de crise les éleveurs décidant volontairement de réduire leur production d’au moins 5% par rapport à la même période de l’année précédente puissent bénéficier d’une compensation payée à partir d’une redevance perçue auprès des producteurs de lait qui augmentent leur production au cours de la même période (1). Pour les transformateurs européens, la réserve de crise et le mécanisme de stabilisation du revenu seraient bien plus efficaces. L’EDA souhaite pouvoir produire plus de lait afin de répondre aux demandes du marché mondial en pleine croissance : à partir de 2015 la production laitière va être inférieure à la demande et les prix vont augmenter.

Pression sur l’Allemagne

Au contraire, pour les producteurs laitiers de l’European Milk Board (EMB), réunis en assemblée générale le 28 mars à Bruxelles, cette proposition du Parlement européen de « réduction volontaire de la production » est la seule mesure positive de la réforme de la Pac pour le secteur laitier. « C’est donc surtout cette mesure qui doit maintenant être défendue dans les réunions en trilogue entre la Commission, le Conseil et le Parlement. Elle ne peut en aucun cas devenir la proie des intérêts de l’industrie laitière. Il faut que la pression publique sur les États membres se fasse sentir avant la fin des négociations en juin », souligne le président de l’EMB, Romuald Schaber. L’organisation va surtout diriger ses actions vers l’Allemagne « qui jusqu’à présent a bloqué toute proposition constructive pour une régulation flexible des marchés laitiers de l’UE ». L’EMB va donc organiser deux grandes manifestations – du 10 au 12 avril en Bavière à l’occasion de la réunion des ministres allemands de l’agriculture et les 3 et 4 juin à Berlin – « afin d’empêcher un blocage de la part du plus grand État membre de l’UE au Conseil ».

(1) Voir n° 3390 du 18/03/2013

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