Abonné

Enquête La majorité des agricultrices ont exercé un autre métier

- - 3 min

Les agricultrices font le choix de s'installer avant tout par passion et par autonomie, selon un sondage Crédit agricole SA -BVA. 65% ont exercé une autre activité avant de venir en agriculture.

«On ne naît pas agricultrice, on le choisit », a soutenu le 25 février Charlotte de Chavagnac du Crédit agricole lors du Salon international de l'agriculture. Selon une enquête réalisée début février auprès de 501 femmes par la banque et BVA, le choix de s'installer pour une femme serait en effet d'abord un choix de vie, réalisé par conviction. Car bien que deux tiers sont originaires d'une famille d'agriculteurs, c'est après un parcours diversifié et mûri qu'elles décident de s'installer. 65% ont même exercé une autre activité avant d'entrer en agriculture, la plupart du temps sans aucun lien avec l'agriculture (52%). Conséquence, vérifiée par l'enquête : elles s'installent en général plus tard que les hommes, avec une moyenne d'âge de 49 ans (16% ont moins de 40 ans).
Un tiers des agriculteurs sont aujourd'hui des agricultrices, alors qu'elles n'étaient que 8% en 1970, et un quart des chefs d'exploitation sont aujourd'hui des femmes. Mais au moins autant qu'un engouement certain des femmes pour l'agriculture, ces chiffres traduisent leur meilleure visibilité, a constaté le Crédit agricole. Si en 1970, le statut des femmes n'était pas reconnu, la création du statut des earl en 1985, puis celui du conjoint collaborateur en 2000 et enfin l'autorisation de créer un Gaec à deux (entre conjoints qu'ils soient mariés, pacsés ou concubins) par la loi de modernisation de l'agriculture de 2010, leur a permis en effet de sortir de l'ombre dans laquelle elles se trouvaient jusqu'alors.

À la recherche de l'indépendance

Parmi les agricultrices, 67% sont aujourd'hui des chefs d'exploitation. L'indépendance et l'autonomie de décisions sont pour elles les premiers facteurs d'attrait du métier. 36% disent ne rencontrer aucun souci dans l'exercice de leur métier, indique l'enquête. Pour les autres, les contraintes les plus lourdes résident non pas dans la pénibilité physique mais dans les tâches mécaniques : conduire les outils et autres tracteurs (19%) ou les régler (18%).
62% sont aujourd'hui installées sous la forme sociétaire. Elles occupent par ailleurs des exploitations avec une surface moyenne de 89 hectares, soit une surface supérieure à la moyenne nationale. Cela ne signifie pas pour autant que leurs exploitations sont plus grandes, la forme sociétaire réunissant plusieurs exploitations expliquerait en réalité ce chiffre. L'enquête constate par ailleurs que 60% des agricultrices sont des éleveuses (bovin lait et bovin viande). La plupart indique ne craindre ni amplitude horaire, ni tâche physique. 35% produisent sous label ou appellation d'origine et 14% envisagent la production d'énergie renouvelable : "les femmes apparaissent ouvertes, à différentes formes de commercialisation et de pratique en agriculture", a observé Charlotte de Chavagnac du Crédit agricole. Elles apparaissent ainsi clairement actrices de la lente évolution des métiers de l'agriculture, sur le plan social en particulier. Pour le moins, deux tiers ont réussi à prendre des vacances (environ 12 jours par an). Des choix réalisés en confiance, analyse l'enquête. Si 95% des agricultrices ont des enfants, plus de la moitié aimerait en effet voir leur fille exercer leur métier.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.