Selon une étude du cabinet Asterès pour Natexbio, les industriels de la bio connaissent une croissance dynamique et pérenne, soutenue par la demande des consommateurs. Ils investissent massivement (+50 % en 2015) et améliorent leurs marges.
Les industriels de la filière biologique ont investi massivement ces dernières années dans leurs outils de production, si l’on en croit les résultats de l’enquête du cabinet Asterès pour Natexbio, l’interprofession de la bio (Synabio, Synadisbio et Synadiet), dévoilée le 9 novembre. L’investissement a crû de 80 % en 2014 et de 50 % en 2015, selon l’étude intitulée La transformation bio en pleine croissance. « La transformation de produits biologiques est dynamique en termes d’investissement. C’est important car ces entreprises mettent ainsi en place les conditions de la croissance de demain », souligne Nicolas Bouzou, économiste et directeur d’Asterès.
« Les transformateurs connaissent une véritable mutation avec l’industrialisation de la production », précise aussi Nicolas Bouzou, car de nombreux acteurs augmentent leurs capacités, automatisent les process de fabrication et se concentrent. Les gains de production réalisés sont importants : « La productivité des transformateurs de produits biologiques a fortement augmenté avec une hausse de 40 % de la productivité moyenne des employés en trois ans », peut-on lire dans l’étude. « Les effectifs ont crû de 11 % entre 2012 et 2015 pendant que le chiffre d’affaires du segment augmentait de 55 %. Ainsi, quand un salarié produisait 1 unité en 2012, il en produit 1,4 en 2015 », relève l’étude.
« Le niveau de capitalisation augmente car le secteur connaît un apport de fonds propres et une augmentation des profits », explique Nicolas Bouzou. « Les marges des entreprises du secteur se sont redressées en 2014 et 2015 quand les capitaux propres ont continué à fortement augmenter. Descendue à 2,8 % en 2013, la marge des transformateurs bio est montée à 3,4 % en 2015 », indique l’enquête.
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Les entreprises de la transformation bio ont réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros en 2014, et de 3,5 milliards d’euros en 2015, soit +15 % en un an (à comparer avec la stagnation du chiffre d’affaires global des IAA françaises en 2015). Ce chiffre correspond à la production de denrées et de produits transformés en sortie d’usine, obtenu par Asterès après une enquête qualitative auprès de 98 industriels et une enquête quantitative basée sur les comptes déposés de 1 050 entreprises. Selon l’Agence Bio, le chiffre d’affaires global de la bio en France (ventes TTC des produits) devrait atteindre 6,9 milliards d’euros en 2016 (+20 % au premier semestre 2016). La marge de progression est encore « très importante », selon Nicolas Bouzou puisque moins de 2 % de la production des IAA françaises est biologique. « Or, on peut penser que cette part peut atteindre raisonnablement les 20 % », selon l’économiste.
Conséquence de la bonne santé des transformateurs, les ventes des enseignes de la distribution bio (36 % de parts de marché) sont en forte augmentation. Elles progressent de 14 % en 2015, après une hausse de 13 % en 2014. Les marges dans la distribution de produits bio sont aussi en nette hausse. « Le ratio résultat de l’exercice/chiffre d’affaires s’élevait à 2,1 % en 2013 et il a augmenté pour atteindre 3,1 % en 2014 et 4,1 % en 2015 », note l’auteur de l’étude. Ce niveau élevé a plusieurs explications, selon Asterès : le CICE et le Pacte de responsabilité, qui ont particulièrement profité à la grande distribution et « pourrait résulter d’une évolution du rapport de marché avec les transformateurs. La structuration des réseaux de distribution peut renforcer le pouvoir de négociation et donc augmenter les marges des distributeurs », selon l’étude.