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La Martiniquaise reprend le pôle spiritueux de Quartier Français

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On attendait Xavier Thiéblin associé à un fonds international (1), c’est finalement la Martiniquaise, en embuscade, qui reprend la branche spiritueux de Quartier Français, filiale du groupe Tereos. Outre le rhum, Jean-Pierre Cayard récupère les apéritifs sans alcool et la filiale Dilmoor, leader en Italie en MDD pour la production de liqueurs, spiritueux et sirops.

Tereos vient d’annoncer avoir signé un contrat de cession de l’intégralité de la branche spiritueux avec la Martiniquaise, 2e groupe français de spiritueux. C’est la Cofepp, structure faîtière de la Martiniquaise, qui rachète. Rappelons que Tereos contrôlait depuis 2010 67,1% de Quartier Français, via la holding de la Société sucrière de Quartier Français, le leader du sucre à la Réunion. Tereos, qui est notamment spécialisé dans la première transformation pour les alcools, n’a jamais caché souhaiter vendre les spiritueux de Quartier Français, qui n’étaient pas dans son cœur de métier.
Avec le pôle spiritueux du premier groupe industriel de la Réunion, la Martiniquaise (880 M EUR de CA en 2010, contre 850 M EUR en 2009) reprend 25% du marché français des rhums traditionnels et des marques renommées comme La Mauny, Trois Rivières, Duquesne ou Savanna, mais également le whisky Hunting Lodge et les apéritifs sans alcool Palermo, Mister Cocktail et d’Artigny. Une activité qui représente un chiffre d’affaires de 165 millions d’euros.

Rétrocessions à prévoir
La Martiniquaise, qui occupe déjà le premier rang mondial pour plusieurs spiritueux, dont le porto (avec la marque Porto Cruz), l’armagnac (Ducastaing, Saint Vivant), le calvados (Busnel, Préaux) etc. sans oublier le rhum des Antilles (marques Dillon, Saint James, Negrita ou encore Depaz), va renforcer encore son leadership en intégrant les rhums La Mauny, Trois Rivières, Duquesne, Rivière du Mât, Savanna, Charrette et New Grove. Une position importante qui devrait amener l’autorité de la concurrence à réagir. « On sera obligé de rétrocéder une partie de nos activités à la Martinique », nous a déclaré Jean-Pierre Cayard. Le whisky Hunting Lodge, qui entre le rhum et le sans alcool, est aussi marginal et pourrait faire partie des cessions.

L’attrait du sans alcool et de l’Italien Dilmoor
Outre le rhum, deux activités de Quartier Français intéressaient particulièrement le patron de la Martiniquaise : le sans alcool et la société italienne Dilmoor, producteur de liqueurs, spiritueux et sirop, premier opérateur en Italie en MDD, contrôlée depuis l’an dernier à hauteur de 60% par Quartier Français qui avait signé un accord pour porter à 100% sa participation. « Dilmoor, située près de Bergame, vend 15 millions de cols par an et son chiffre d’affaires atteint 22 millions d’euros », précise Jean-Pierre Cayard. Quant au sans alcool : « C’est un marché très intéressant, notamment dans les pays arabes où l’alcool est interdit. En France on reprend une activité qui représente 8 millions de cols, soit plus de 80% du marché français qui pèse 11 millions de cols ». Une belle acquisition donc pour le groupe martiniquais, pour un prix qui n’a pas été divulgué. La somme de 195 millions d’euros a cependant été évoquée par les médias.

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(1) Cf Agra alimentation n°2138 du 13 janvier 2011 p.19