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Tendance/Prospective La méfiance vis à vis de l’alimentation progresse en Russie et en Chine

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L’étude dévoilée en amont du Sial Paris qui se tiendra en octobre; met en lumière, au niveau mondial, une méfiance accrue envers la qualité des produits et l’impact de l’alimentation sur la santé. Les consommateurs sont de plus en plus intéressés par le bio, la préservation de l’environnement et l’origine des ingrédients. La recherche du plaisir reste toutefois incontournable en termes d’alimentation.

Les organisateurs du Sial Paris, prévu du 16 au 20 octobre, ont dévoilé le 6 septembre les résultats de l’étude Food 360 réalisée par TNS Sofres et XTC World Innovation sur les tendances de consommations et les innovations alimentaires (treize pays en Europe, Asie et Moyen-Orient, plus les États-Unis).

Les consommateurs sont de plus en plus méfiants au sujet de leur alimentation. "Entre 2012 et 2016, la confiance à l’égard de la qualité des produits alimentaires a légèrement baissé de 85 à 83 %", note Pascale Grelot-Girard, directrice innovation et compréhension des marchés chez TNS Sofres. La Russie et la Chine sont les deux grands marchés où la confiance se dégrade fortement. En revanche, en Europe de l’Ouest et au Moyen Orient, la confiance grimpe clairement. En France, le niveau de confiance est revenu au niveau de celui de 2012, après une nette baisse en 2014.

Le lien entre alimentation est santé est de plus en plus ancré dans les esprits. Deux consommateurs sur trois dans le monde estiment probable le risque que les aliments nuisent à leur santé. Ils étaient 53 % il y a quatre ans. L’augmentation du risque perçu est partagée par tous les pays. En Chine, 93 % des sondés sont de cet avis, 85 % en Asie du sud-est. 79 % des Français jugent probable le risque que les aliments nuisent à leur santé, un chiffre en hausse de 20 points par rapport à 2012.

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En conséquence, les consommateurs cherchent à se rassurer. 53 % des sondés dans le monde essaient de consommer des produits biologiques dès que cela est possible, contre 48 % en 2012. L’engouement pour les produits bio n’est plus un phénomène limité à l’Europe ou aux États-Unis. Les mentions « sans antibiotiques » et « sans huile de palme » sur les emballages suscitent aussi l'intérêt des consommateurs, à respectivement 73 % et 56 %, des chiffres en hausse par rapport à 2012. Et les Asiatiques sont très sensibles aux mentions « sans pesticides » et « sans antibiotiques ».

L’émergence de l’alimentation saine, loin d’être encouragée par le seul souci des consommateurs pour leur santé, rejoint la prise en compte de l’impact environnemental. Ainsi, de plus en plus de consommateurs (de 50 à 54 % entre 2012 et 2016) privilégient les produits avec moins d’emballage ou avec des emballages recyclables. Et favoriser les producteurs locaux est important pour les Asiatiques ou les Européens, hormis pour les Britanniques, de même que pour les Américains.

Toutefois, "la contrainte économique pèse sur les choix des consommateurs qui ne sont pas toujours prêts à payer plus cher des produits à valeur ajoutée", relève Pascale Grelot-Girard. Cela est surtout vrai en France. Traduites en produits, ces tendances donnent naissance à de nombreuses innovations censées répondre à la curiosité avérée des consommateurs en matière d’alimentation et leur attente pour les produits "sains". "Le message santé passe clairement par la naturalité", note à ce sujet Xavier Terlet, à la tête du cabinet XTC World Innovation. En termes de recettes, ce sont des listes d’ingrédients plus courtes (purée de carottes Saint Éloi Intermarché ou jus de coco bio dans sa coque en fibres recyclées), des informations plus précises quant à l’origine (coulis de fraise 100 % origine Hauts de France, sauce à partir de tomates et de bœuf 100 % origine France, de vin rouge AOP et de fromage de chèvre AOP), des produits durables luttant contre le gaspillage (confiture à partir de fruits invendus des GMS) ou le suremballage (fontaine à yaourt sur le modèle du vin en bag-in-box). Enfin, l’alimentation restant un plaisir pour la majorité des consommateurs, les industriels innovent en respectant la tradition. Cela donne des « petits luxes accessibles » comme la moutarde dorée à la truffe blanche, des morilles séchées dans une boule transparente ou encore des packagings vintage revisités et des recettes anciennes remises au goût du jour.