La marque de glaces paysannes bio lancée par Arnaud Montebourg s’appuie sur l’expertise du japonais NFS, qui développe des concepts basés sur la gastronomie française. En ligne de mire, une possible duplication du concept au Japon.
Après les amandes et le miel, l’ex-ministre Arnaud Montebourg a trouvé une nouvelle idée pour valoriser les productions agricoles françaises : installer un atelier de fabrication de glaces sur l’exploitation de l’éleveur laitier. Avantage : capter une partie de la valeur ajoutée tirée de cette fabrication, et donc procurer un complément de rémunération à l’éleveur.
« Nous avons une première exploitation dans le Finistère qui peut produire 150 000 pots de 500 ml par an avec deux salariés, à partir d’un atelier installé sur l’exploitation et directement connecté au réservoir de lait », explique Stéphane Le Saouter, directeur général de la Compagnie des glaces paysannes (CGP). Cette société est détenue majoritairement par Arnaud Montebourg, aux côtés du japonais NFS minoritaire.
À l’échelle de la ferme, une société est à chaque fois créée, détenue à 49 % par la CGP et à 51 % par l’exploitant agricole qui n’a que le capital social à investir, soit 5 000 euros. La CGP investit entre 300 000 et 350 000 euros dans chaque équipement (150 m2, constitué de 5 ou 6 containers recyclés et reliés entre eux), s’engage à valoriser le lait bio à hauteur de 0,80 euro le litre et à acheter le stock de glaces produites. « La CGP s’occupe ensuite de la commercialisation auprès des grandes surfaces de la région dans un rayon d’environ 100 km », explique Stéphane Le Saouter. La marque la Mémère se positionne sur le créneau de la glace de qualité, équitable, biologique, sans additifs et locale. David Wesmaël, glacier meilleur ouvrier de France, a mis au point les cinq recettes et forme les éleveurs aux secrets de la glace. « En termes de prix, nos glaces sont environ un euro plus cher qu’Häagen Dazs », précise Stéphane Le Saouter.
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La GMS a plus de potentiel
Pour la distribution, la Mémère a choisi de se placer dans les grandes surfaces traditionnelles, et non dans le réseau spécialisé bio, en raison des ambitions de la marque qui prévoit des volumes importants. Les glaces de la première ferme sont distribuées dans les Monoprix parisiens, les Carrefour Market et City d’Ile-de-France, les Leclerc de région parisienne et de Bretagne. Des référencements ont aussi été réalisés directement dans des magasins Système U, Intermarché, Auchan et Costco.
D’ici la fin de l’année, la CGP veut ajouter trois fermes en Normandie et en Charente-Poitou. Mais à plus longue échéance, Stéphane Le Saouter imagine pouvoir transposer le même concept au Japon, où les éleveurs laitiers ont le même souci vis-à-vis de la valorisation du lait. Pour cela, il pourra s’appuyer sur l’expérience de NFS dont il pilote les activités en France (27 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019). La société détient plusieurs entreprises agroalimentaires : le chocolatier Maison Le Roux, Honoré 1875 (sandwichs), la Glacerie Paris (créée par Davis Wesmaël) et la Martinière, un vignoble en Anjou. Et elle souhaite poursuivre ses investissements, en rachetant des entreprises et en créant des concepts innovants et exportables dans l’univers de la gastronomie française. Au Japon, le groupe familial NFS importe de longue date tous les ingrédients et le matériel pour réaliser des pâtisseries traditionnelles françaises.