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Meunerie La meunerie française demande plus de régulation face à la volatilité

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La convention de la meunerie française, organisée par son association nationale (ANMF) le 7 septembre à Beaune, a été l’occasion pour la profession de rappeler les difficultés qu’elle rencontre face à la volatilité des cours du blé. Elle interpelle ainsi les pouvoirs publics et les instances européennes en leur demandant de mettre en place une série de mesures afin de mieux réguler les marchés.

«En juillet 2012, la meunerie est confrontée, pour la troisième fois depuis 2007, à une envolée des prix du blé », souligne un document publié par l’ANMF à l’occasion de sa convention, à Beaune le 7 septembre. La profession estime que le surcoût qu’elle aura à subir après cette nouvelle hausse sera de plus de 300 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires de 2,11 milliards d’euros en 2011. Pour le président de l’ANMF, Joseph Nicot, « ces mouvements de marché ont des conséquences très préjudiciables pour les entreprises meunières tant en ce qui concerne les conditions de couverture en matière première et leur financement, qu’en ce qui concerne leurs résultats d’exploitation ».

Les meuniers peinent à répercuter la hausse des cours du blé

Si le chiffre d’affaires de la meunerie en 2011 connaît une forte hausse, de 11,7%, les cours du blé ont, de leur côté, augmenté de 33% en moyenne sur l’année. Sur la période, la progression du chiffre d’affaires représente 230 millions d’euros, ce qui ne compense pas la hausse des cours du blé supportée par la meunerie, estimée à 300 millions d’euros par l’ANMF. Ainsi, en août 2012 l’Insee a indiqué que l’envolée des cours du blé de juillet 2010 ne s’est traduite que par une hausse modérée et décalée dans le temps de l’indice de prix des farines, en 2011. L’ANMF montre ainsi que sur 2011, quand l’indice moyen annuel du prix du blé a augmenté de 33%, celui de la farine n’a augmenté que de 14%. Face à ce constat, les meuniers souhaitent davantage de régulation sur les marchés agricoles. Selon l’ANMF, « les fluctuations et variations des cours, très importantes depuis 2007-2008, entraînent davantage de risques dans la gestion de leur entreprise ». Pour remédier à cette situation, l’ANMF interpelle les pouvoirs publics français et les instances européennes et leur soumet des propositions pour « mieux réguler le marché des céréales et rétablir des conditions de concurrence équitables ». Les demandes de régulation portent sur : l’instauration de règles pour connaître les positions ouvertes par catégorie d’opérateur sur les marchés financiers des matières premières ; la fixation de limites de position par opérateur et catégorie d’opérateurs ainsi que des limites journalières de variations des cours sur le marché à terme d’Euronext ; le renfort de la surveillance et du contrôle des marchés financiers des matières premières ; le maintien des instruments de gestion du marché européen des céréales comme les stocks de réserve.

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