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Blés La meunerie réaffirme ses exigences en qualité

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Soucieuse que la filière cultive des variétés de blé adaptées à ses besoins, l’ANMF (Association nationale de la meunerie française) a décidé cette année de renforcer ses exigences en ce qui concerne les variétés qu’elle recommande. Tant sur le plan qualitatif que sanitaire.

«Nous voulions redonner plus de crédibilité à notre liste de variétés BPMF (blés pour la meunerie française) », a indiqué Jean Maurey, président de la commission qualité et technologie et vice-président de l’ANMF (Association nationale de la meunerie française), en conférence de presse le 9 avril à Paris. Cette année, les dirigeants de l’association ont décidé de « réaffirmer ses exigences qualité » en durcissant les critères utilisés pour établir cette liste, publiée chaque année depuis 1997. « Nous avions le sentiment que la liste des BPMF était considérée comme presque équivalente à la liste des blés panifiables supérieurs présents dans le catalogue français ! », a observé Pierre-André Masteau, secrétaire général de l’ANMF. L’association a donc corrigé le tir, en décidant par exemple de supprimer à moyen terme les variétés qui « dégradent la qualité des mélanges ». Elles sont six à être dans le collimateur des meuniers : Charger, Dinosor, Isengrain, Mercato, Sankara et Timber. Pour que la pilule ne soit pas trop dure à avaler pour les organismes stockeurs et les agriculteurs, l’ANMF demande que, pour la récolte 2009, leur présence au sein d’un mélange ne dépasse pas 15 %. Mais à partir de la récolte 2010, elles ne figureront plus sur la liste des BPMF.

La sensibilité à la fusariose, critère numéro un

Il s’agit d’une petite révolution : « En 2008/2009, les blés BPMF représentent 74,5 % des emblavements, mais si l’on avait exclu les six variétés en question des mélanges, ce chiffre serait tombé à 60 % », a signalé Pierre-André Masteau. Sankara et Mercato occupent respectivement les quatrième et cinquième rangs des variétés les plus cultivées en France, Dinosor étant à la 10 e position. Même si 60 % de blés BPMF suffiront largement au secteur pour couvrir ses besoins, qui en 2007/2008 ne sont montés finalement qu’à 21,6 % de la récolte, « il ne faut pas oublier que les exportations sont souvent destinées à la meunerie », a rappelé Jean Maurey.

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L’ANMF a également décidé de renforcer ses exigences sanitaires. « La sensibilité à la fusariose est le critère numéro un aujourd’hui », a précisé Jean Maurey. L’association a ainsi choisi de retirer de la liste des BPMF la variété PR22R58 qui y figurait en 2008. « C’est une très bonne variété, qui fait un très beau pain, a indiqué le meunier. Mais c’était trop risqué de la conserver ». En cause : les durcissements des normes réglementaires.