La mise en pension des porcs chez les éleveurs est en progression, d’après une étude réalisée par le ministère de l’Agriculture. Ce système, qui permet aux élevages importants d’externaliser l’engraissement dans les plus petits élevages, représentait, en 2003, 14% des porcs à l’engraissement, contre 10% en 1999. La Bretagne, qui concentre les plus gros élevages, est particulièrement concernée.
Ne pouvant accroître la taille de leur élevage, les gros producteurs de porcs ont de plus en plus recours à la sous-traitance pour l’engraissement de leurs animaux. C’est la conclusion d’une étude réalisée par le ministère de l’Agriculture sur la mise en pension des porcs à l’engraissement. Cette pratique consiste pour les éleveurs à placer leurs porcs chez d’autres éleveurs qui travaillent pour leur compte. Ces derniers ne sont donc propriétaires ni des animaux ni de la nourriture mais amènent les bâtiments, l’eau, l’électricité et bien sûr la force de travail. Cette pratique n’est pas nouvelle. En 1998, 10 % des porcs à l’engraissement en France étaient mis en pension. Fin novembre 2003, ils étaient 14 %. Une proportion qui atteint 19 % en Bretagne, région qui concentre les plus gros producteurs. Car ce sont eux qui, face à l’impossibilité d’étendre la taille de leur élevage, font appel aux petits producteurs pour développer leur activité. Plus de 60 % des porcs mis en pension sont issus d’élevages d’au moins 2 000 porcs. Les éleveurs concernés, appelés « donneurs d’ordre », sont bien souvent dans l’impossibilité d’agrandir leur élevage sans autorisation, laquelle est devenue bien difficile à obtenir. Les petits producteurs sont, en revanche, régis par une réglementation plus souple. Résultat, la moitié des porcs placés en sous-traitance l’est dans des élevages de moins de 450 animaux.
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La majorité des sous-traitants sont des éleveurs de bovins
Une bonne manière pour les gros élevages de soulager leurs terres saturées de lisier. Ils comptent en moyenne 40 porcs par hectare, contre 8 porcs par hectare pour leurs sous-traitants. Ce qui ne signifie pas que la Bretagne soit, globalement, plus soulagée. L’étude note que « sur l’ensemble de la Bretagne, le nombre d’animaux confiés est très proche de celui des porcs accueillis ». Autrement dit, les porcs sous-traités ne quittent pas la région. D’ailleurs, remarquent les auteurs de l’enquête, cela « constituerait en cas d’épizootie un important facteur de propagation ». Dans la majorité des cas, les sous-traitants ne sont pas éleveurs de porcs à titre principal. Une bonne moitié sont des éleveurs de bovins qui ont parallèlement un atelier d’engraissement. Reste qu’un bon tiers n’ont pas d’autre activité que le travail à façon et sont totalement dépendants des décisions prises par les plus gros éleveurs.