Abonné

SALON/ENQUÊTE La montée en puissance de la sucrine sur le marché français de la salade

- - 4 min

Les résultats d'une enquête consommateurs sur la salade ont été dévoilés lors du salon des fruits et légumes MedFEL qui se tenait à Perpignan (Pyrénées-Orientales) fin avril. Les jeunes qui apprécient la salade pour ses qualités diététiques, sont particulièrement friands de sucrine, d'origine espagnole. Les producteurs et semenciers travaillent à des variétés plus petites et qui restent fraîches plus longtemps.

Le consommateur français plébiscite massivement les cœurs de sucrine et les jeunes pousses qui renouvellent l'offre de salade dans un contexte de campagne d'hiver conjoncturellement difficile pour la production française (hiver trop doux, attentats du 13 novembre, blocage de Paris pour la COP 21). C'est ce qui ressort de l'enquête (1) consommation menée par le CTIFL pour le MedFEL, le salon des fruits et légumes qui se tenait à Perpignan (Pyrénées-Orientales) du 26 au 28 avril. Selon les consommateurs interrogés, la salade bénéficie d'une image consensuelle et esthétique. Elle véhicule des valeurs de santé, de diététique et favorisant la digestion. La sucrine donnée comme variété incontournable séduit plus particulièrement les jeunes consommateurs par sa taille et la rapidité de préparation. C'est un univers proche de celui de l'endive, mais avec un goût sucré. Son origine espagnole est connue du consommateur.

Le cœur de sucrine, une jeune salade romaine, est vendue par trois en barquette au prix marketing de 1€ (0,99 €). Sa production est quasi exclusivement d'origine espagnole.

« L'effet sucrine est incontestable. En grande distribution dans le Sud-Est, la progression par an est annoncée à 30 %, mais sur une base encore limitée. A ce tarif, l'offre française ne peut pas se positionner compte tenu de l'écart des charges sociales avec l'Espagne » regrette Eric Testud, président des producteurs de légumes d'hiver. De son côté, le marché traditionnel de la salade fraîche reste globalement sous pavillon France (75 %), même si les producteurs réclament un renforcement de l'affichage de l'origine.

Le marché français de la salade entière reste stable. 80 % des ménages sont au rendez-vous avec un prix moyen rapporté au kilo qui s'établit à 2,5 €. On totalise treize actes d'achat en moyenne par an (dix pour les sachets).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pendant cet hiver, le prix moyen d'une batavia, en grande distribution s'est établi à 91 centimes, en repli de 3 centimes sur la campagne précédente. La salade en sachet bénéficie d'une pénétration comparable : 74 %. Pour un prix moyen au kilo de 7,9 €. Au hit-parade du saladier, batavia et feuille de chêne représentent plus de 50 % des achats devant une sous-catégorie qui regroupejeunes pousses et sucrine s (17%)en forte progression. Ce développement est particulièrement sensible dans le hard-discount qui représente aujourd'hui le troisième circuit de distribution de la salade (derrière les hypers et les supermarchés qui pèsent 50 %) et à égalité avec les marchés traditionnels. La salade est quasiment inexistante dans le commerce on-line (drive). Dans l'univers de la quatrième gamme, 75 % de s ventes sont constitués par l'offre mono-variété (100 millions de sachets) avec une prédominance de la mâche (28 %) devant la laitue (24 %) et l'iceberg en progression sensible (21 %).

A Perpignan, les opérateurs ont également proposé de nouvelles pistes pour rendre la salade encore plus attractive. « La salade entière actuelle pèse 500 grammes. Nous devons proposer de s salades plus petites, à 350 grammes et nous travaillons avec les semenciers pour obtenir de s variétés qui tiennent plus longtemps enfraîcheur dans les rayons », explique encore Eric Testud, soucieux d'inventer un avenir à la production française.

(1) Informations puisées dans les conférences et documents du MEDFEL. Réseaux des nouvelles des marchés. Panel Kantar + Etude de perception réalisée en novembre 2015 par le CTIFL auprès de trois échantillons de 10 consommateurs.