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La MSA inquiète de l’augmentation du recours aux aides sociales

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Les statistiques confirment le ressenti des délégués de la MSA : les trésoreries et le moral des agriculteurs sont au plus bas. Pascal Cormery, président de la CCMSA, a tiré la sonnette d’alarme le 22 juin, rappelant que si l’aide sociale joue un rôle, elle ne peut pas se substituer à une remontée des prix agricoles plus qu’urgente.

« Il y a une vraie fatigue morale », a déclaré Pascal Cormery le 22 juin, en clôture de l’assemblée générale de la CCMSA. Le président de la Caisse centrale constate « une exaspération » chez les agriculteurs qui doivent essuyer les conséquences désastreuses des dernières inondations alors qu’ils ne voient toujours pas la fin de la crise économique. « Même ceux qui n’étaient pas fragiles au niveau économique sont aujourd’hui touchés ». « Ils n’ont rien à vendre ! », s’alarme Pascal Cormery. Ces inondations sont la grosse goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase. « Nous sommes très inquiets pour la rentrée », confirmait Michel Brault, directeur général de la CCMSA.

Recrudescence du recours aux aides

Car les conséquences des inondations viennent se rajouter à une grande fragilité des trésoreries. Preuve en est, le « plébiscite » de la prime d’activité, entrée en vigueur en janvier 2016, pour remplacer la prime pour l’emploi et le RSA activité. La CCMSA, qui tablait sur 60 000 dossiers, a déjà enregistré plus de 153 000 demandes. Alors que les agriculteurs sont généralement réticents à réclamer des aides, selon la MSA, et que le montant de la prime d’activité n’est que de 183 € par mois, la quantité de demandes illustre bien la situation économique difficile des agriculteurs, témoigne le bureau de la MSA.

Alors qu’en 2015, 300 appels étaient recensés chaque trimestre, « Agri’écoute » a reçu plus de 1 000 appels au premier trimestre 2016

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Le service de soutien téléphonique « Agri’écoute » enregistre également « une augmentation significative » du nombre d’appels. Alors qu’en 2015, environ 300 appels étaient recensés chaque trimestre, « Agri’écoute » a reçu plus de 1 000 appels au premier trimestre 2016. « Cette montée en charge traduit […] une détresse très présente et durable », affirme la MSA qui constate que « les principaux motifs d’appels observés sont les problèmes financiers ».

Les limites de l’action sociale

En 2016, la MSA bénéficie d’une enveloppe de 60 M€ (provenant des fonds de la sécurité sociale) pour l’allégement des charges. « On pense que l’on peut gérer avec ça » affirme Michel Brault, même si sur le terrain, les élus MSA commencent déjà à craindre que cela soit insuffisant. À compter de 2017, l’enveloppe sera de 30 M€. Si un besoin supplémentaire apparaissait, il appartiendrait au ministère de l’Agriculture de négocier avec celui des Finances, car la Sécurité sociale ne financera plus davantage, a expliqué la MSA. Même si les prises en charge de cotisations peuvent aider les agriculteurs, Pascal Cormery rappelle cependant que « l’action sociale ne peut pas résoudre tous les problèmes » et que la sortie de la crise ne se fera qu’avec « une augmentation durable des prix agricoles ». Suite aux inondations, il invite également « la profession » à se questionner sur « un système assurantiel » et pointe du doigt les contraintes administratives qui « exaspèrent » les agriculteurs comme celles liés à l’entretien de fossés.