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La MSA « offensive » pour assurer son avenir

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Refusant la fusion des caisses ou la centralisation des activités proposées par ses ministères de tutelle, la Caisse centrale de MSA a décidé de faire des économies en mutualisant les activités de ses 35 caisses. Pour assurer son avenir, elle souhaite également élargir le champ de ses adhérents et activités.

Après de longues négociations, la MSA a signé récemment, avec ses ministères de tutelles (Agriculture, Santé, Finances) la convention d’objectifs et de gestion 2016-2020 qui fixe la feuille de route de l’organisme pour les cinq années à venir. Les débats ont été plutôt faciles sur les objectifs, cependant, la question des moyens a été plus problématique, indiquait Pascal Cormery, président de la CCMSA le 22 juin. Le compromis porte finalement sur une suppression de 1300 postes et une diminution de 15% des frais de fonctionnement sur la période de cinq ans. Seuls 30% des départs à la retraite seront remplacés – ce qui évite un plan social, souligne Michel Brault, directeur général de la CCMSA. La réduction des effectifs et des frais de fonctionnement nécessite une nouvelle organisation. Si les ministères de tutelle suggéraient une fusion des caisses, pour passer de 35 à 8 ou 9, ou une centralisation des activités au niveau national, la CCMSA a préféré choisir la mutualisation des activités de « back office ». « On ne veut pas modifier les relations avec les adhérents » a indiqué Michel Brault, qui s’engage à ce que le « front office » ne soit pas touché par la réorganisation.

Mutualisation régionale

« Nous serons observés par nos ministères de tutelle pour vérifier l’efficacité de nos choix », affirme Thierry Manten

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Seize groupements d’activités dans le domaine de la production (santé, famille, retraite, contentieux…) et des fonctions support (paye, informatique…) ont déjà été identifiés par les caisses. La CCMSA les validera début juillet. Dans un second temps, dans chaque région administrative, des binômes ou trinômes vont se constituer : les caisses se répartiront les activités afin d’être complémentaires les unes des autres et éviter ainsi les doublons. Pour ne pas imposer une mobilité géographique à ses salariés, la MSA propose une « mobilité fonctionnelle » grâce à des formations. Par exemple, si l’activité « paye » de la caisse A est transférée à la caisse B, les comptables de la caisse A pourront rester sur leur lieu de travail mais effectueront une autre activité. Chaque binôme ou trinôme devra proposer un plan de mutualisation avant la fin de l’année 2016 afin que la nouvelle organisation puisse se déployer en 2017. « Nous serons observés par nos ministères de tutelle pour vérifier l’efficacité de nos choix », affirme Thierry Manten, premier vice président.

Relancer l’activité

La MSA, qui revendique les atouts de son guichet unique, souhaite maintenir « la proximité avec les assurés », « l’ancrage et la visibilité sur les territoires ruraux » et « l’autonomie et la responsabilité locale des caisse ». Elle compte maintenir ses 35 caisses, car « les territoires isolés ont les mêmes droits que les régions plus favorisées », estime Pascal Cormery. Consciente de son « talon d’Achille » – la baisse de son activité liée à la diminution du nombre de ressortissants qu’elle couvre – la MSA veut être « offensive », annonce son président. D’autant plus que les élections présidentielles se rapprochent. La MSA compte faire des propositions aux candidats, afin d’affilier de nouveaux adhérents à son régime. Elle pense aux activités rattachées à l’agriculture comme la transformation, le tourisme vert ou le photovoltaïque par exemple. Elle envisage également de renforcer ses activités de services, type Laser emploi (insertion sociale par l’activité économique) ou MSA services.