Passer de l’ère du guichet à celle du service : tel est en résumé, l’objectif de la Mutualité sociale agricole pour les années à venir. Il est concrétisé par un nouveau « plan stratégique » adopté le 22 juin en assemblée générale à une large majorité. Selon Gérard Pelhate, président de la MSA, il s’agit de développer « la culture de service » et « démontrer notre efficience ». Le nombre de caisses devrait passer à 35 d’ici 2010 contre 53 entreprises aujourd’hui.
« Développer la culture de service, et prouver notre efficience » : voilà de quelle manière Gérard Pelhate, président de la MSA, présente les deux grands enjeux pour la mutualité sociale agricole d’ici 2010. Celle-ci vient d’adopter son plan stratégique pour 2006-2010 à une large majorité, à l’occasion d’une assemblée générale qui s’est tenue à Paris le 22 juin. C’est aussi une manière pour la MSA de répondre « à quelques beaux esprits technocratiques » qui reprochent au régime agricole d’être déficitaire et voudraient que les paysans accroissent d’autant leurs cotisations sociales. Gérard Pelhate conteste l’idée que les paysans ne cotisent pas autant que dans les autres régimes, notamment ceux des indépendants ou des fonctionnaires.
35 caisses en 2010
Mais la MSA voit plus loin et se rend compte qu’elle doit apporter des services à la personne davantage que se borner à gérer des guichets pour payer rapidement des prestations : accompagner des personnes dans leur parcours individuel, vers la retraite par exemple, en leur proposant des services. « Chaque personne est confrontée à des problèmes particuliers », constate le présidnt de la MSA. Cela passe entre autres par des partenariats avec d’autres organismes, comme Groupama (ce qui a conduit à la création du réseau « Fourmi Verte »), les Maisons familiales rurales ou même d’autres régimes sociaux. Une action qui peut se situer dans le cadre du récent plan Borloo.
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L’objectif est aussi « d’assurer un potentiel de développement et d’être un opérateur sanitaire et social et non plus seulement un distributeur de prestations. » Quant à l’efficience, elle est aussi une manière de dégager des moyens pour mettre en place le plan stratégique. Les caisses vont être regroupées en 35 unités contre 53 aujourd’hui. Le personnel devrait diminuer, seul un départ à la retraite sur deux étant remplacé. Les 18 000 employés d’aujourd’hui devraient donc diminuer d’environ 1 500 d’ici 2010.
Maintenir le réseau des élus
Cette arrivée d’un esprit d’entreprise et de développement passe néanmoins par une revitalisation du réseau d’administrateurs de terrains. Dans le cadre du regroupement des caisses, certaines bornes sont inscrites afin d’éviter la séparation entre le terrain et ces administrateurs. Une caisse ne devra pas déborder d’une région administrative ni dépasser le territoire de quatre départements. Chaque département devra avoir au moins 9 administrateurs. L’idée, selon Gérard Pelhate, est de conserver un échelon de dialogue avec les instances départementales qui sont cruciales dans les affaires sociales. Tous les sites des caisses seront d’ailleurs conservés tandis qu’aucun salarié ne sera contraint à la mutation. S’il ne veut pas se déplacer, il pourra profiter d’une formation pour trouver un emploi sur place.